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Cela fait des années que je n’ai pas écrit un "papier" à la sortie d’un spectacle. Après avoir assisté à l’une des représentations du ballet Casse Noisette, me voici devant mon ordinateur, alors qu’aucun journal ne publiera mes lignes. C’est peut-être tant mieux : outre le fait que je n’ai que rarement eu l’occasion de critiquer un spectacle de danse, je me vois saisie du trac qui m’habitait lorsque je débutais dans le journalisme culturel, il y a de cela presque dix ans... Voici donc le premier texte que j’ose écrire sur le Capitole, son Ballet et son Orchestre national. Rien que ça : j’aurais pu choisir moins ambitieux, pour cette remise en selle...
Dimanche 11 février à 20 h 30, commençait à guichets fermés la quatrième et avant-dernière représentation du ballet Casse Noisette, au théâtre du Capitole de Toulouse. Un conte féérique qui a tenu toutes ses promesses. Dernière représentation mardi 13 février à 20 h 30, avant que le Ballet du Capitole ne prépare son prochain spectacle, à la salle Eurythmie de Montauban, avec des extraits de son répertoire.

Des milliers de paires d’yeux écarquillés : des yeux d’enfants, émerveillés, happés par le spectacle. Tous avaient dix ans, à ce moment précis, quand sous les flocons de neige la jeune Clara et son prince charmant partaient pour le royaume de la fée Dragée, bercés par le rythme langoureux d’une belle Valse des flocons... Toutes générations confondues, les spectateurs ont partagé un superbe moment de magie lors de la représentation de Casse Noisette, au théâtre du Capitole.
Sur cette scène prestigieuse, dans ce théâtre à l’italienne dont le décor restauré il y a quelques années constitue un véritable spectacle à lui seul, il est facile de se laisser emporter dans un monde féérique, pour peu que la musique ait été composée par Tchaïkovski, et que les artistes appartiennent à une troupe d’élite : le Ballet du Capitole, dans son propre théâtre, et soutenu par son propre orchestre, ne pouvait pas décevoir un public conquis d’avance. Mais il n’empêche : ni les ors de l’opéra, ni les décors somptueux d’Ezio Frigerio, ni les costumes flamboyants de Franca Squarciapino, ni même la direction impeccable du chef d’orchestre Tugan Sokhiev (qui dirigeait son orchestre pour la première fois dans la fosse de l’opéra) n’auraient pu rattraper une chorégraphie quelconque (ce qui ne fut évidemment pas le cas de celle-ci, signée Michel Rahn), et encore moins la moindre maladresse des danseurs. Et l’on a beau savoir que ce corps de ballet compte parmi les meilleurs de l’Hexagone, les superlatifs se montrent tout juste suffisants pour qualifier la prestation des quelque quarante artistes qui ont tout donné pour, pendant deux heures, faire oublier le monde réel à une foule de spectateurs envoûtés.
C’est qu’au-delà de la maîtrise technique, voire de la virtuosité de ces danseurs, c’est à leur talent d’acteur que ce spectacle, archi-connu et dont on pourrait donc craindre qu’il a depuis longtemps cessé de surprendre, a dû toute sa magie. Marius Petipa, le premier chorégraphe de cette œuvre inspirée d’un texte sombre et inquiétant d’Hoffmann, n’aurait certes pas désavoué cette interprétation dans laquelle quelques touches de modernité ne furent apportées dans cette version 2007 que pour ajouter plus encore à la légèreté et à la dimension poétique de ce conte où une enfant, le temps d’un rêve, voit un jouet reçu comme offrande pour Noël se muer en personnage fantastique, puis en prince...

Dans un décor magnifique où les inconditionnels de Tim Burton crurent reconnaître quelques éléments d’une atmosphère familière, la soliste Maria Gutierrez a incarné une Clara espiègle et ingénue à souhait. Actrice tout autant que danseuse, expressive et semblant évoluer, pendant toute la durée du ballet, sans le moindre effort apparent, elle sut si bien donner l’illusion de l’enfance que chacun oublia que cette artiste, formée à l’école de l’English national ballet de Londres, avait déjà dix ans de carrière derrière elle... Lui donnant la réplique, Breno Bittencourt ne fut pas en reste. Véritable coqueluche du public toulousain, le danseur allie à une technique irréprochable une présence rare. Un couple de conte de fées, en somme.
Un couple qui a su ne pas voler la vedette aux autres interprètes, parmi lesquels Hugo Mbeng et Raphaël Paratte, avec leur danse chinoise facétieuse (et athlétique) du deuxième acte, eurent droit à une véritable ovation. Le couple formé, le temps d’une sensuelle danse orientale, par Juliana Bastos et Jean-Claude Nelson, fut également chaleureusement applaudi. Curieusement, Paola Pagano (la fée Dragée) et Jérôme Buttazzoni (le prince bienfaisant), bien que n’ayant pas failli, ne suscitèrent pas le même enthousiasme. Probablement parce que leurs rôles étaient dénués de cette fantaisie que le conte refusa de leur accorder. Tandis que, parmi les automates, le couple de poupées de chiffons, interprété par Nuria Arteaga et Pedro Lozano, était d’une drôlerie irrésistible.

Au sortir du théâtre, sur la place du Capitole, il pleuvait. Mais dans les yeux du public quittant le théâtre, ne brillaient que les flocons de neige tombés sur la scène à présent déserte, où chacun était entré sans résistance aucune dans un rêve peuplé de mirlitons et de fleurs, hanté de rats tout juste assez inquiétants pour que l’on se réjouisse de leur défaite. Un rêve bercé par le chant d’un célesta dont les tintements ont résonné longtemps dans la nuit pluvieuse de Toulouse.
Il y a quelques jours, je suis aussi allée voir le Casse-Noisette en famille. Dans le minuscule Teatro Nacional construit il y a 120 ans par des maitres caféiers frustrés du refus de chanter d’une cantatrice italienne, se pressait ce jour là une foule bigarrée : familles entières en jeans ou bermudas, teeshirt bras nus ou sans bretelles, vieilles dames aux cheveux bleutés, messieurs élégants et jeunes filles en mini-mini jupes, mélomanes et néophytes, tout le monde convergeait vers le petit édifice, copie en miniature de l’Opéra de Paris.
Il faisait très beau dehors, il faisait très bon dedans. Depuis 5 ans, le Casse-Noisette est LE spectacle de fin d’année à San José au Costa Rica. Nous sommes arrivés parmi les derniers, mais comme j’avais acheté les places à l’avance, nous nous sommes tranquillement assis, face à la scène, dans la lunette gauche, près du centre, impeccablement situés et le rideau rouge s’est levé.
Cette année, ce n’était plus de l’improvisation, c’était un chef-d’œuvre. Les danseurs, plus d’une quarantaine, venaient de Saint-Pétersbourg, en Russie, du Texas et de nombreuses petites écoles de danse du pays. Les enfants avaient entre 5 et 13 ans. Les costumes, le décor, tout était féérique.
http://www.nacion.com/viva/2008/diciembre/14/viva1810677.html
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Mon fils de 10 ans assistait à son premier spectacle de ce genre et je ne me laissais pas de regarder son petit profil, attentif et fasciné par ce qu’il voyait sur la scène.
Quand on est sorti, il faisait toujours beau dehors, il faisait encore très bon dedans, mais on sentait tous légers et heureux…
Pomme, cela ne m’étonne pas que ton fils ait été émerveillé par le spectacle. Un ballet, un vrai avec de vrais danseurs, des costumes, des décors et des lumières, c’est véritablement magique pour les enfants. Et la musique est si belle...
J’ai vu dans un reportage le Teatro nacional : il est superbe. C’est un petit bijou, et j’ai d’ailleurs découvert que l’architecture au Costa Rica était incroyablement riche et variée : toutes les cultures qui s’y sont rencontrées y ont produit de bien joli choses.
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