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Ce Cichlidé d’Amérique centrale a toutes les qualités pour séduire : beau, placide et robuste. Si l’on se satisfait de son comportement sans surprises, on prendra grand plaisir à le voir vivre en petit groupe, dans un aquarium spacieux.

Le meeki est l’un des Cichlidés les plus connus en aquariophilie : relativement facile à maintenir, il est disponible depuis très longtemps dans les magasins spécialisés. Son milieu naturel est situé au nord de l’Amérique centrale ; on trouve ce poisson dans les cours d’eau du Mexique et du Guatemala. La grande majorité des poissons vendus dans les magasins aquariophiles sont issus d’élevages, et leur qualité est extrêmement variable. Il n’est par rare, hélas, de trouver des individus difformes, ou atteints de nanisme.
Le dimorphisme sexuel chez les meeki est pratiquement inexistant : certains cichlidophiles prétendent pouvoir reconnaître les mâles et les femelles chez les poissons adultes. Pour ma part, j’ai eu beau les examiner longuement, je n’ai jamais pu différencier ceux qui étaient dans mon bac.
Quoi qu’on puisse lire dans certains ouvrages, le meeki a besoin de place, et ne peut pas raisonnablement être maintenu à long terme dans un aquarium de 100 litres. Un volume de 250 litres semble être le minimum, dans le cas d’un bac spécifique n’hébergeant pas d’autres Cichlidés. Ce poisson creuse beaucoup ; le sol sera donc constitué d’une couche de sable de rivière, d’une épaisseur de 10 centimètres au moins. Des empilements de pierres (attention à la stabilité de l’édifice !) et des racines offriront les cachettes dont ces poissons ont besoin pour définir leurs territoires. Ils ont beau être des pondeurs sur substrat découvert (c’est à dire qu’ils ne pondent pas au fond d’une caverne), ils aiment passer leur temps à l’abri d’une grotte dont ils ne s’éloignent jamais beaucoup.
Si l’espace est suffisant, ce poisson atteint aisément une taille d’environ 15 centimètres. Il est peu exigeant quant aux paramètres de l’eau, mais il vaut mieux éviter de le maintenir dans une eau trop douce et acide. Dans la nature, il vit caché parmi les plantes ; mais en aquarium, sa manie de creuser très profondément le sol rend aléatoire le maintien d’une flore aquatique... J’ai tenté de placer des plantes dans des pots solidement calés par des pierres, mais les meeki ont trouvé le moyen de les déterrer quand même ! Si l’on opte pour des plantes au feuillage tendre, il faut choisir des espèces à croissance très rapide, qui résisteront aux « prélèvements » effectués par les meeki.
Vorace, le meeki accepte toutes les nourritures usuelles (granulés, paillettes...). Mais, comme pour tous les poissons d’aquarium, il sera beaucoup plus beau et robuste si sa nourriture est variée : j’alterne la distribution de granulés avec de la nourriture congelée (préparation « maison »), des légumes pochés et des proies vivantes (artemias, daphnies, vers de vase).
Comme pour de très nombreux Cichlidés, si l’on veut voir les poissons s’accoupler puis élever leurs jeunes, il vaut mieux que les partenaires puissent se choisir librement. Par conséquent, il est d’usage d’introduire un groupe de six ou sept juvéniles, et de les laisser s’apparier. Mais le meeki a la particularité, dans la nature, de vivre en petites colonies. Aussi, alors qu’on a l’habitude de ne laisser dans l’aquarium que le couple de Cichlidés que l’on destine à la reproduction, il vaut mieux laisser ensemble tous les « anciens jeunes » meeki, même après la formation d’un ou plusieurs couples. Il ne faut donc pas espérer pouvoir maintenir ces poissons dans un aquarium de moins de 600 litres.
La reproduction intervient assez tardivement : mes poissons ont commencé à pondre à l’âge d’un an et demi environ. Le couple cherche un endroit propice pour creuser une cavité dans le sable, destinée à recevoir les alevins fraîchement éclos. En réalité, les poissons labourent littéralement tout l’aquarium, jusqu’à atteindre le fond du bac. Ils ne peuvent pas percer le verre, et cela semble les agacer au plus haut point. Au bout d’une bonne semaine de ce manège, ils finissent par choisir une pierre verticale sur laquelle seront déposés, en rangs serrés, les œufs adhésifs. Ensuite, les parents protègent et aèrent la ponte, jusqu’à l’éclosion des alevins qui seront transportés dans l’une des cuvettes préalablement préparées dans ce qui reste de sable. Lorsque les larves auront épuisé leur sac vitellin, les parents les promèneront dans l’aquarium en les protégeant de la prédation des autres occupants du bac. Chez moi, tout ceci est resté au stade de la théorie. Mes poissons ont pondu à maintes reprises, mais jamais un seul alevin n’a vu le jour. En effet, à la nuit tombée, les parents abandonnaient leur garde et allaient tout bonnement se coucher dans leur cachette habituelle... Un comportement que l’on déplore souvent chez les poissons issus de longues lignées d’élevage industriel, qui perdent une bonne part de leurs instincts naturels.

Thorichthys meeki est un poisson relativement calme et accommodant, qu’on peut maintenir sans heurts avec d’autres Cichlidés de taille comparable, voire avec des vivipares. Une fois arrivé à l’âge adulte, le meeki est plutôt flemmard, et passe la plus grande partie de son temps immobile, placé en faction à l’entrée d’une cachette qu’il se sera choisie sous une pierre, une racine ou une plante. Les jeunes, en revanche, sont plus turbulents. Le succès que remporte le meeki auprès des aquariophiles tient essentiellement à son habitude d’ouvrir grand ses opercules lorsqu’il se sent menacé, ou quand il veut impressionner un autre poisson : ses joues s’écartent fortement, déployant une membrane écarlate qui lui confère une expression très menaçante... Ce mode de dissuasion est très efficace, et il est rarissime de voir des meeki se battre « pour de vrai » ; même en cas de conflit, on ne risque pas de voir les poissons s’attaquer et se blesser.
Le meeki, lorsqu’il ne fait pas la sieste dans sa caverne, se consacre à un passe-temps dont il ne se lasse pas : il prend dans sa bouche de grandes quantités de sable dont il asperge ensuite les environs après avoir pris de l’altitude, comme un Canadair larguant son eau. Les miens semblent éprouver un malin plaisir à ensabler le pleco, qui se laisse faire, impassible.
S’il est très décoratif, voire étonnant lorsqu’il ouvre ses opercules, le meeki n’est pas vraiment passionnant à observer. Un peu mou, sans grande personnalité, il habite tranquillement l’aquarium sans y imposer sa loi. Un poisson à conseiller pour les aquariophiles débutants, ou pour compléter la population d’un bac où d’autres espèces au tempérament plus affirmé tiendront le devant de la scène.
Bonjour,
on m’a donné un couple de meeki, je voudrais savoir si je peux le positionner dans un bac de 100L ou j’ai 2 dicus, 5 barbus et 15 néons, dans l’attente d’une réponse de part.
Salutations. F.Frossard.
Hélas, Dominique ne répondra plus... Elle est décédée il y a quelques jours, nous laissant un très grand vide...
De DB, je ne connaissais que ses écrits. Ce qui ne m’empêchera pas de la regretter. Transmettez ma sympathie attristée à ses proches.
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