Le jardin de DB

Vous êtes ici : Accueil du site > Photos > Divers > Tempête

Menu de navigation

Masquer la bannière
Afficher la bannière
 
 

Aux utilisateurs d'Internet Explorer 6,
Votre navigateur ne vous permet pas de bénéficier pleinement des fonctionnalités proposées par ce site. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à télécharger gratuitement la dernière version d'Internet Explorer, ou mieux, Mozilla Firefox.

Publié le dimanche 25 janvier 2009 dans la rubrique :

Divers

Tempête

C’est terminé. La tempête est passée, brutale. Le Tarn-et-Garonne n’était pas placé en alerte rouge, mais ici à Dieupentale, nous sommes tout près du Gers et de la Haute-Garonne, quelques kilomètres de part et d’autre. Nous étions sur le chemin du monstre. Dès la fin de la nuit, nous l’avons écoutée hurler, tous volets fermés. Dans le parc Merlin, le grand cèdre dominant ma cour ployait sous les attaques du vent. Il a tenu bon, il a résisté une fois encore. J’ai craint que le cyprès du cimetière ne s’effondre, mais il est toujours là, un peu plus penché qu’à l’ordinaire.

Hier, la tempête mugissait sous le ciel noir. Étrangement, dans la rue du Général-Larroque, régnait un calme presque absolu, alors que la fin du monde s’abattait sur ma rue Basse, où je me suis trouvée appuyée de toutes mes forces à l’air compact, incapable d’avancer. Quels sont les mystères du vent qui boude une rue et s’engouffre dans une autre ?

Ce matin, sous un soleil radieux, dans l’air limpide, je suis allée constater les ravages. En 1999, j’habitais dans la plaine du Forez : au lendemain de la tempête, tout n’était que désolation. Tous les arbres au bord de la Loire étaient tombés, les poteaux électriques étaient à terre, c’était terrible. Les forêts sur les Monts du Forez étaient décimées, des milliers de pins sylvestres rompus à mi-hauteur. C’est avec ce souvenir que je suis allée à la rencontre de la vallée de la Garonne... et rien. Presque rien, hormis quelques arbres déracinés sur les talus. Presque toujours des cônifères, au système racinaire trop faible pour résister dans un sol saturé d’eau.

À Dieupentale et dans les alentours proches, nous avons été épargnés. Nous n’avons même pas eu de coupure de courant. Certes, nous avons passé quelques heures sans téléphone, fixe et mobile, et ce matin nous ne pouvions pas nous connecter sur internet. Certes, il nous a fallu replacer deux mètres carrés de tuiles qui avaient glissé sur le toit de la maison du général. Mais je m’attendais à trouver dehors des paysages chaotiques ; à croire que la furie d’hier n’était que le fruit de mon imagination.

Le patron de la pizzeria a ramassé son enseigne qui s’était écrasée sur le trottoir hier matin. Le boulanger a vu affluer des légions de clients venus chercher à Dieupentale le pain qu’il était le seul à avoir pu cuire cette nuit : ceux de Grisolles et de Verdun n’avaient pas d’électricité. Et au cœur du village, la grosse branche d’un chêne encombre encore le trottoir, seul témoin tangible de cette tempête qui s’est contentée de nous effrayer sans nous blesser. Elle a jeté sa rage plus au sud, et probablement en constaterai-je les dégâts demain lorsque j’irai à Toulouse.

À Verdun-sur-Garonne, le long du stade, le spectacle de deux magnifiques platanes gisant au sol est particulièrement émouvant. D’ailleurs, de nombreux badauds sont venus contempler les géants abattus. Plantés en 1815, ces arbres classés à l’Inventaire des monuments historique ont abdiqué hier. Rongés par un parasite nommé « le tigre des platanes » qui fait des ravages dans la région, ils sont morts sous les assauts du vent furieux. L’un d’eux a écrasé la cabane utilisée par les associations sportives ; l’autre, tombé sur un talus, a chu si lourdement que son fût énorme est à-demi enterré. Les passants circulaient autour des arbres en silence, prenant des photos, comme moi. Des jeunes venus à mobylette, casquettes vissées sur le crâne et Converse aux pieds, écouteurs grésillants greffés dans leurs oreilles, se tenaient immobiles, tristes.

Câble

L’accès au pont de Verdun a été fermé à la circulation en raison de la crue de la Garonne et de la rupture d’un câble provoquée par la chute des platanes.

La Garonne est gentiment rentrée dans son lit cette nuit. À Aucamville, elle a entraîné dans son reflux de jeunes arbres qui reposent, sagement alignés, dans l’eau morte laissée par le fleuve.

Une fois revenue à Dieupentale, j’ai fait le tour de mon jardin pour vérifier que tout allait bien. À peine quelques branchettes au sol, et le toit du pigeonnier, déjà en très mauvais état, s’est effondré. Et pour mener mon inspection, j’étais secondée par un assistant très attentif...

Nous voilà soulagés. Il faudra examiner le toit plus soigneusement, nettoyer la cour des nombreux débris qui s’y sont déposés. Le ciel se couvre à nouveau, la pluie arrive, encore. Elle va laver le sol, les routes, les trottoirs, de l’épaisse couche de feuillages hachés. Cet hiver bizarre ne veut pas lâcher prise.

Portfolio

Vous pouvez lire aussi :

Tempête

Logo de l'article "Tempête"

Recommander : 
 

À vous d'écrire

 

Sur le même thème

Au hasard

Des articles...
Une photo...

Cliquez sur cette image pour accéder à l'article dans lequel elle est publiée.

Image extraite de l'article "Ce que vous avez raté en août"