Le jardin de DB

Vous êtes ici : Accueil du site > > Petits riens sur tout > Sur la plage du Touquet

Menu de navigation

Masquer la bannière
Afficher la bannière
 
 

Aux utilisateurs d'Internet Explorer 6,
Votre navigateur ne vous permet pas de bénéficier pleinement des fonctionnalités proposées par ce site. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à télécharger gratuitement la dernière version d'Internet Explorer, ou mieux, Mozilla Firefox.

2 commentaires

Publié le mardi 17 mars 2009 dans la rubrique :

Petits riens sur tout

Sur la plage du Touquet

D’abord, regardez la vidéo. Ce clip, réalisé par Serge Gainsbourg, a été tourné sur la plage du Touquet, en mai 1984. Quelques mois plus tard, il fut diffusé à la télévision, alors que toutes les radios de France entraînaient les auditeurs à entonner « Lola, j’suis qu’un fantôme, quand tu vas où j’suis pas... »

Moi, à l’époque, je n’aimais déjà plus trop Renaud. J’avais été une bonne groupie de la première heure, à l’époque du Premier Bal, de Laisse béton, de l’inénarrable Germaine et de l’irremplaçable Gérard Lambert... Morgane de toi, c’était déjà trop tard pour moi. Les chanteurs qui font des poussées d’hormones quand ils croient qu’ils ont été les seuls à avoir été capables de se reproduire, ça m’énervait, et ça m’énerve toujours, tiens, d’ailleurs. Mais cette chanson-là, comme tout le monde, comme vous tous probablement, elle m’a trotté longtemps dans la tête, ne serait-ce qu’à cause du petit riff à la guitare, qui était bien joli, ma foi. La vidéo, en revanche, je ne l’avais jamais vue. D’une part, à l’époque, je n’avais pas la télé. D’autre part, je n’aimais plus beaucoup Renaud. Mais cette vidéo a une histoire, et je vais vous la raconter. Regardez d’abord. Regardez la petite fille blonde, celle qui est un peu plus grande que les autres, et que la caméra suit pratiquement tout le temps.

L’autre jour, ambiance studieuse dans un espace ouvert quelque part à Toulouse. Non, je n’écrirai pas « open space ». N’insistez pas. Nous sommes trois, trois filles : l’une est installée face à son ordinateur, assise à quelques mètres de moi. Une petite brunette extravertie, venue du Var, et qui a un peu navigué dans tout le Sud-Est avant de changer de côté et d’arriver dans le Midi toulousain. Elle se plaint sans cesse du climat froid et humide de la Ville rose. L’autre, grande, blonde et discrète, dispose d’un bureau personnel, dans une sorte d’aquarium dont la porte toujours ouverte communique avec notre espace ouvert. Elle est douce et réservée, tout le contraire de la bouillonnante Varoise, et vit dans la région depuis longtemps déjà. Née dans le Pas-de-Calais, elle ne garde du Nord que des souvenirs d’enfance et de vacances frisquettes. La troisième c’est moi, fidèle à moi-même, je pense que les présentations sont superflues...

Parfois, la brunette ou moi fredonnons un air, sans y penser. J’avais dû bougonner quelques notes d’Hexagone ou du Tango de Massy-Palaiseau, que sais-je. Ma collègue aussitôt m’expliqua avec enthousiasme qu’elle était fan de Renaud, qu’elle avait tous ses disques, même les plus rares, et qu’elle connaissait par cœur toutes ses chansons, même les plus éphémères... Alors que j’ai l’âge d’être sa mère, elle s’étonna que quelqu’un de ma génération connaisse son chanteur fétiche ! Pour illustrer sa parfaite connaissance de l’artiste, elle m’annonça même, espérant probablement m’impressionner, qu’elle avait pratiquement été sa voisine : l’artiste possédait une maison de campagne dans un village proche de chez elle, à l’époque.

Oui mais. J’avais dans ma poche, et sur mon acte de naissance, une carte maîtresse qui allait me permettre de moucher la jeunette. Moi aussi, j’avais des liens avec Renaud, et non des moindres. Je suis née, tenez-vous bien, à Clichy-la-Garenne. Comme Renaud (je crois, j’en suis sûre même, mais ne me demandez pas d’où je tiens ça, j’ai oublié). Voilà. Regard un peu jaloux de la brunette : je jubilais. Oui, quand on bosse, nous, on bosse à fond.

Et voilà que de l’aquarium s’échappa une petite voix, légère et discrète, inattendue. Une voix sans emphase, sans éclat, simple et sûre, qui allait semer le trouble le plus profond dans l’espace ouvert. « Eh bien moi j’ai tourné dans un film avec Renaud ! »

Silence interloqué, stupeur et regards incrédules... Puis une pluie de questions s’abattit sur cette jolie blonde qui était assez satisfaite de son effet. Son prénom ? Vous ne le connaîtrez pas. Disons qu’elle s’appelle Agnès. La voici donc assaillie par deux filles surexcitées qui se souciaient bien peu, alors, de l’actualité et des dépêches de l’AFP qui tombèrent en vain cet après-midi là. Le site du journal, vous l’avez peut-être remarqué, fut rarement aussi peu actif. Il y a des priorités, quand même...

Alors Agnès nous a raconté comment un casting avait été réalisé dans les écoles maternelles du Touquet, pour trouver une classe d’enfants prêts à courir tout nus dans le vent froid du printemps pas-de-calaisien. Elle s’est souvenue de la fierté de sa maman, qui assista au tournage, appareil photo greffé sur l’œil. Elle nous a dit combien étaient cruels les grains de sable soulevés par le vent de l’hélicoptère. Il faisait froid, et il fallait courir, courir, sans trop savoir pourquoi... Elle était la plus grande, déjà bien mignonne, et le cadreur l’avait choisie, dans la troupe des enfants, alors qu’elle tentait de suivre le rythme imposé par les plus rapides de ses camarades. Quelle course ! Elle avait savouré le goûter chaud, à l’issue du tournage, et elle ne fut même pas enrhumée. Renaud ? Elle ne s’en souvient pas très bien, à vrai dire. Elle lui en veut un peu d’avoir failli l’assommer avec sa guitare, à la fin du clip. La plus heureuse, aujourd’hui encore, et la plus émue par ce souvenir, c’est sa mère, qui conserve jalousement les photos de ce jour mémorable.

Depuis, la timide Agnès n’est plus vraiment la même. Lorsqu’on veut se moquer d’elle, on l’appelle « la star du porno ». En fait, c’est surtout moi qui la taquine : « Quand on se balade à poil dans des vidéos sur Youtube, on la ramène pas ! » Mais elle n’en prend pas ombrage. Elle a sa belle histoire de son côté. Et c’est chez l’une de ses parentes que je suis allée chercher mon chat, alors finalement, Agnès, je l’aime bien. Elle a une petite fille qui est en maternelle... Devenue grande, quels souvenirs extraordinaires racontera-t-elle d’une voix frêle ?

Post-scriptum

La belle histoire hélas est bien révolue : le cheval est mort, tout récemment. C’était une star, là-bas, au Touquet, et tout le monde fut triste en apprenant la nouvelle.

Recommander : 
 

Vos réactions

 
Sur la plage du Touquet
14 juillet 2010 13:38, par Xavier Delmotte

Merci de faire un petit coucou à Agnès car nous avons couru ensemble sur cette plage du Touquet Xavier Delmotte www.flavio.fr

Sur la plage du Touquet
27 juillet 2010 16:51, par « Agnès »

Bonjour, Le coucou m’a bien été transmis ! Bien le bonjour à toi et à la plage du Touquet. Caroline (qui ne s’appelle pas Agnès !)

 

À vous d'écrire

 

Sur le même thème

Au hasard

Des articles...
Une photo...

Cliquez sur cette image pour accéder à l'article dans lequel elle est publiée.

Image extraite de l'article "Culture Loire - Numéro 4"