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Publié le mercredi 6 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Quelque part...

Pourquoi je réalise ça aujourd’hui ? Peut-être parce que j’ai écrit un petit truc pour annoncer la parution du roman d’un auteur local. Mais tiens, la vie ici ne se limite pas à l’élevage des vaches et à la fabrication du fromage. La culture, celle de l’esprit, pousse aussi dans le Cantal. Elle est rare, certes, mais elle vaut le détour.

En flânant hier sur Internet, j’ai découvert qu’il y avait à Rodez, non loin d’ici, une maison d’édition. Les Éditions du Rouergue. Ils font pas mal de livres pour enfants, et leurs ouvrages ont été primés dans les salons spécialisés. Ils éditent aussi des livres consacrés au régionalisme ; dans ces contrées, rien d’étonnant. La culture locale est une véritable institution. Et j’ai trouvé chez cet éditeur aveyronnais une collection consacrée à la littérature. Avec un très beau graphisme pour les couvertures. C’est un écrivain cantalien, qui vient de publier un roman, qui m’en a parlé. Je ne pensais pas que Rodez abritait une maison d’édition travaillant, j’ai appris ça sur le net, en collaboration avec Actes Sud.

L’éditeur le plus connu à Aurillac et dans le Cantal, c’est De Borée. Pour être publié chez eux, il faut absolument écrire quelque chose qui ait trait à l’identité multiséculaire, au terroir, aux traditions, à l’Auvergne. Romans, essais, livres de cuisine, albums photographiques : la production de l’éditeur installé à Clermont-Ferrand est abondante, et ne sort jamais du cadre du régionalisme pur et dur. Les lecteurs épris de grandes fresques rurales y trouvent leur bonheur. Mon conseiller général, Louis-Jacques Liandier, maire de Vic-sur-Cère, vient d’y publier un roman, l’histoire d’un village dont les habitants se mobilisent pour le sauver de l’abandon. Avec intrigue amoureuse et portraits de familles sur quatre générations. Ce n’est pas n’importe qui, Louis-Jacques Liandier : son premier roman, publié chez Grasset, lui a valu un prix littéraire.

Pour me souhaiter la bienvenue, quand je suis arrivée dans le Cantal, mes collègues m’ont offert un de ses ouvrages, paru chez De Borée, justement. Intitulé "Cantal", il s’agit en fait d’un très beau livre d’images commentées par l’écrivain. La plupart des photos sont signées Pierre Soissons. Le photographe officiel et attitré du département. Et comme mes collègues étaient visiblement très contents de me voir arriver, ils m’ont offert également un autre ouvrage : "Vaches de montagne, montagnes à vaches". Rien que des photos de vaches, magnifiques. De Pierre Soissons. L’éditeur ? C’est "Quelque part sur terre", à Montsalvy. La maison d’édition montée par... Pierre Soissons.

Vous avez vu ses photos, à Pierre Soissons. Sur le site internet du Comité interprofessionnel des fromages, dont je vous ai donné le lien il y a quelques semaines. L’inévitable photographe fait des portraits de vaches, de fromages, de paysans, de villages, de torrents et de vallées. D’autres s’y essaient, voudraient bien le détrôner, mais rien à faire, dès qu’il y a une belle photo quelque part, avec le Cantal pour sujet, c’est Soissons.

Le gros problème, c’est que Pierre Soissons est un artiste. Complet et entier. S’il a monté sa propre maison d’édition, ce n’est pas seulement pour diffuser des photos de bovins et de paysages à couper le souffle. Il a de multiples cordes à son arc, et la carte postale n’est que l’une d’entre elles. Le gros problème, c’est que Pierre Soissons rue parfois dans les brancards et devient tout simplement le portraitiste de la vie. La vraie. Je n’ai pas appris ça aujourd’hui, mais c’est aujourd’hui que j’ai envie d’en parler. C’est comme ça.

Parmi les publications sur les vaches, l’Auvergne et les fromages, "Quelque part sur terre" a sorti un petit bijou, en septembre 2002. Que j’ai adoré immédiatement mais qui n’a pas fait plaisir à tout le monde. "Comme l’air", c’est un album de photos réalisé par et pour des détenus. Les prisonniers ont photographié leur prison, les grilles, les chiottes, les cellules. Et quatre photographes (Soissons, ainsi que Christophe Camus, Jérôme Mondière et Luc Olivier) sont allés, sur leur demande et suivant leurs indications, photographier le monde extérieur. La question de départ : "Si tu ne devais garder qu’une seule photo dans ta cellule, quelle serait-elle ? Je vais aller la prendre pour toi."

"Comme l’air", c’est le monde du dehors vu par ceux qui ne peuvent pas y aller, et montré à ceux qui sont libres. Face aux photos, comme un journal intime, les textes de Patrick Da Silva retranscrivent les propos des détenus. Textes et images parlent de ciel, de fête, de femmes et d’enfants, de chevaux et de chiens, de plages, de montagnes, de chambres et de livres. Ils parlent d’une vie perdue. Et c’est magnifique. C’est un Cantalien qui l’a fait, qui l’a édité et qui a élevé au rang d’œuvres d’arts des rêves de délinquants.

Le gros problème, c’est qu’à Aurillac, la préfecture la plus enclavée de France, même pas 35 000 habitants (de mémoire, au pif, si ça se trouve c’est moins que ça), tout le monde ne parvient pas à comprendre que le bonheur, ça peut être le portrait d’une vieille femme arabe sur fond de HLM. Sans montagne ni vache à l’horizon. Mais le grand bonheur, c’est qu’à Aurillac, à Rodez ou à Clermont, la liberté souffle dans les pages des livres. Et, partout, il y a des lecteurs pour s’en enivrer.

En bref

MALADES

C’était prévisible, et c’est arrivé : mes amis les cyclotouristes n’ont pas tous pris la mesure des difficultés des routes cantaliennes. Lors de leur première journée de sortie, alors que le circuit n’était pas des plus difficiles, les pompiers sont intervenus une bonne dizaine de fois pour leur porter secours. Rouler sous un soleil de plomb sur des routes aussi escarpées, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Et pour vendredi, jour de l’ascension du Puy Mary, les secours se font beaucoup, beaucoup de souci.

TÉLÉPHONIE MOBILE, ENCORE

Les maires du Cantal ne sont pas contents. Mais alors, pas contents du tout. Apprenant que les discours et les annonces concernant le plan de résorption des "zones blanches" ne se concrétiseraient qu’à l’extérieur des frontières du département, ils ont piqué une grosse colère. Le Premier ministre, ainsi que les ministres de l’Aménagement du territoire et de l’Agriculture ont passé un très mauvais quart d’heure. Les élus cantaliens sont vraiment en pétard, et ceux de la "France d’en haut" seraient bien avisés de faire attention à ce qu’ils annoncent... ou mieux, d’associer l’acte à la parole. Non mais des fois.

FARCEUR, VA !

Parmi les journalistes qui travaillent avec moi à L’Union agricole et rurale, il en est un qui ne rate jamais l’occasion de s’offrir un calembour, bon ou mauvais, mais généralement plutôt réussi. Et il a des alliés de choix. La République prend soin de désigner dans le Cantal des préfets dont les noms sont une véritable friandise pour mon cher collègue. Ainsi, celui qui vient de partir, Philippe Rey : aucun journal, plus que l’Union, n’a si abondamment écrit "Le préfet Rey" (lire à haute voix en sachant qu’ici, le son "è" se prononce "é"). Et l’avenir ne s’annonce pas morose : comme je l’annonçais hier, notre nouveau préfet s’appelle Alain Rigolet. Allez-y, finissez la phrase pour mon acolyte : "Face à la grande manifestation des agriculteurs en colère, le préfet..."

L’image de la semaine

Faire son miel

La Planèze, entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, est grillée, crépitante, déssechée. Sur le bord d’une petite route, seuls les chardons survivent. Et font le bonheur des abeilles si lourdement chargées de pollent qu’elles en sont littéralement recouvertes, une légère farine jaunâtre masquant les dessins sur l’abdomen de l’insecte... La sécheresse, on s’en doutait, ne peut pas interrompre la vie de la nature ; elle la perturbe, tout au plus. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Voici un lien qui ravira les accros du folklore. Cette semaine, à Murat, se déroule le festival des danses et musiques du monde. En Auvergne, la tradition est une valeur partagée par tous ; et elle s’exprime en premier lieu par la danse en costume, au son des instruments dont la pratique se transmet de génération en génération. Sur cette terre si fortement attachée à son patrimoine, rien d’étonnant à trouver une multitude de festivals liés au folklore, emboîtant le pas au tout premier d’entre eux, celui de Gramat. Mais celui de Murat a une grande qualité : il se déroule dans le Cantal !

Voir en ligne
Quelque part sur terre
Post-scriptum

"Comme l’air", éditions Quelque part sur terre, rue du Tour-de-Ville, 15120 Montsalvy. Tél : 04 71 49 20 31 ; fax : 04 71 49 23 84 ; quelque-part-sur-terre wanadoo.fr . ISBN : 2-9510647-7-2.

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