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Publié le mercredi 9 février 2000 dans la rubrique :

Musique

Jean-Paul Farré

Piano délire

"Retour à la case piano"

Quand le théâtre et la musique se rencontrent, il faut s’attendre à tout. Le comédien Jean-Paul Farré, doux dingue aux faux airs de Léo Ferré, a créé un spectacle poétique et drôle dont j’ai gardé un superbe souvenir.

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Le comédien Jean-Paul Farré, ici dans la pièce "Effroyables Jardins" de Michel Quint, sur une mise en scène de Gérard Gelas (photo © Jean-Paul Lozouet, avec son aimable autorisation).

Un type en smocking devant un piano à queue, ce n’est pas drôle. Émouvant, parfois, mais drôle, jamais. Sauf lorsqu’il s’agit de Jean-Paul Farré. Sur la scène du Majestic appelou [1], le 27 janvier, il a effectué son "Retour à la case piano". Comme une marelle, poussant son dé de terre-musique à ciel-plaisir.

Au début, on a presque peur de s’ennuyer. Il chante un texte déjanté d’une voix pas très agréable, et son piano a des sons louches de synthétiseur... Presque deux heures de spectacle à ce train-là, ça va être long. Et puis le pianiste se lève pour endosser le costume de gardien de musée. Le piano est la véritable star de la soirée, on commence à le deviner.

Peu à peu, on découvre que le noble instrument a une sacrée personnalité. Des tas de secrets qu’il livre, petit à petit, dans un crescendo délirant dont on finit par redouter l’issue. Car enfin, jusqu’où ira-t-il, Jean-Paul Farré ? De l’abbaye des Claviers (en moine amoureux des sœurs violoncellistes du couvent d’à côté) à un studio d’enregistrement transformé en véritable salle de torture, du musée à la haute montagne... Le piano sait se faire mur d’escalade, baignoire, tombeau ou tour enflammée où la soprano (Farré lui-même) est emprisonnée. Il croise avec insolence le chemin d’illustres écrivains (de Sand à Beaudelaire), et se rit des tours de passe-passe de Mozart (dont la flûte est véritablement enchantée) ou d’un Beethoven-excavateur.

Dans tous les sens, dans toutes les positions, le piano se fait acrobatique. Tout comme le comédien, qui n’arrête pas de courir, grimper, sauter, danser. L’un en tutu et anorak, l’autre laqué de noir, ils se donnent la réplique, s’affrontent jusqu’à l’assaut final. Alors, le piano, vaincu par l’estocade du musicien-matador, finit par s’incliner devant son maître. Ou son esclave, comment savoir. En tout cas, alors que le musicien ploie sous une pluie de dés, il n’y a qu’un seul grand vainqueur : la musique.

Notes

[1] Il faut le deviner, mais les habitants de Firminy, dans la Loire, s’appellent les "Appelous"...

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