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4 commentaires

Publié le dimanche 17 janvier 2010 dans la rubrique :

Les chroniques de Marie-Honorine

Moi, Dominique B., 17 ans, sosie de junkie

1981. Dans la cour du LEP Beauregard à Montbrison. Vous, lecteurs de haute tenue, je suppose que vous n’avez jamais mis les pieds dans un LEP ; vous avez été des lycéens ordinaires, qui ont passé un vrai Bac. Votre vrai lycée était peut-être, comme à Beauregard, accolé à un second bâtiment où étaient réunis les bons à rien : le LEP (lycée d’enseignement professionnel). À cette époque-là, il n’y avait pas encore de Bac pro ; quand on était au LEP, on préparait un CAP si vraiment on était minable, un BEP si on l’était un tout petit peu moins. Moi, j’entrais en deuxième année de BEP sténo-dactylo.

C’était pas vraiment la joie. Le climat est rude, dans un LEP. Les relations, même entre filles, se construisent sur un perpétuel rapport de force ; la nuance et la subtilité n’ont aucune place ici. Nous, les sténos, nous faisions figure d’intellectuelles face aux élèves de mécanique ou de chaudronnerie. Et moi, parmi les sténos, j’étais un Ovni.

Mais cette année-là, à la rentrée, j’ai fait sensation. Tout le monde se retournait sur mon passage. On me regardait avec stupeur. Deux mois auparavant, j’entendais encore sur mon passage : « Hé, Bordel, t’as les dents qui rayent le plancher ! ». Maintenant, rien, juste de l’étonnement. Je savais pourquoi.

J’avais vu, au cinéma Family de Saint-Just-Saint-Rambert, la bande-annonce du film « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée ». L’histoire d’une nana à Berlin. Un film dur, froid, glauque, qui fit grande sensation à l’époque. Je n’en ai vu que la bande-annonce ; il était hors de question que j’aille voir le film en entier. Mon petit ami de l’époque, lui, assista à la séance. Il en ressorti tout chose, me regardant fixement. « Ah ben merde ! », répétait-il sans cesse en me dévisageant.

À l’écran, c’était moi. Ou presque. J’avais été saisie, clouée, pulvérisée lorsque j’avais vu la bande annonce. Incroyable, c’était vraiment moi ! La comédienne qui tenait le rôle-titre, Natja Brunckhorst, me ressemblait comme une jumelle. Le même visage, la même expression, les mêmes épaules en bouteille de Badoit. Et je peux vous dire que ça fait un drôle d’effet, de se voir en format XXL, dans la peau d’une droguée en pleine dérive. Teinte en rousse, de surcroît.

Voilà comment on a arrêté de m’appeler « gueule de singe » à l’école : nombreux avaient été les élèves à avoir vu ce film, et à m’avoir ensuite « reconnue » dans la cour du LEP. « T’as vu comme elle lui ressemble ? », entendais-je chuchoter autour de moi. On se mit même à m’appeler Christiane F., et je devins bien malgré moi une célébrité dans cet établissement où, sans rien demander, je fus élue chef de classe et déléguée au Conseil d’établissement ! Parce que je ressemblais à une actrice. C’est con, un élève. C’est un futur citoyen qui vote déjà comme il le fera toute sa vie : à la gueule du candidat. Et moi je n’étais même pas candidate !

Je ne sais pas ce qui m’a pris, voici quelques jours, j’ai voulu savoir si la comédienne me ressemblait toujours autant. Si nous avions vieilli pareillement. Hélas, les photos de Natja Brunckhorst sont rarissimes. Je n’en ai trouvé qu’une, et le verdict est sans appel. Elle est beaucoup plus jolie que moi. Cependant, il y a un petit truc, si on regarde bien. Peut-être le très grand front, je ne sais pas.

Comme je vous aime beaucoup, chers Jardineux, je vous ai même retrouvé une photo de moi à l’époque. Contemplez, parce que des photos de moi, ça n’existe pas, ça n’a jamais existé... ou presque. Celle-ci est vraiment collector. Et prouve que, même si je range très mal mes affaires, je ne perds jamais rien !

Bon sang, c’était y’a trente ans, dites donc...

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Natja Brunckhorst
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Vos réactions

 
Moi, Dominique B., 17 ans, sosie de junkie
17 janvier 2010 23:43, par Umanimo

La ressemblance est surprenante en effet. Tu es drôlement jolie sur cette photo. Et tu as à peine changé.

Ce qui me surprend le plus c’est qu’on ait pu t’appeler « gueule de singe ». Les gens ont vraiment de la merde dans les yeux et les enfants et les jeunes gens n’ont rien à envier aux adultes pour ça.

Moi, Dominique B., 17 ans, sosie de junkie
23 janvier 2010 16:58, par Vieux motard

Marrant, t’avais la même dégaine qu’une copine d’école, Nadine, une grande bringue blonde d’un mètre quatre vingt cinq à seize ans :hilare :

Moi, Dominique B., 17 ans, sosie de junkie
23 janvier 2010 17:04, par DB du Jardin

Oui, mais tu as remarqué, quand même, VM, que moi je mesure exactement 23 centimètres de moins que ton asperge ! ;-)

Moi, Dominique B., 17 ans, sosie de junkie
27 janvier 2010 00:59, par Vieux motard

Et t’es aussi beaucoup moins timide. C’est bizarre de voir que quelquefois, ce sont les gens qui en impose le moins physiquement qui osent le plus :p

Michel_en_firefox_pour_une_fois

 

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