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Publié le vendredi 11 décembre 2009 dans la rubrique :

Marguerite Gonon : la mémoire du Forez

Rencontre

Marguerite Gonon - Enfance...

On connaît Marguerite Gonon historienne, conteuse, résistante. Certains, comme Maurice Bompuis, connaissent une Marguerite Gonon différente : la voisine, l’amie d’enfance, l’institutrice. Souvenir.

Consultez le bloc « Dans la même rubrique » à droite de votre écran pour retrouver les textes relatifs à Marguerite Gonon publiés sur ce site.

“J’ai connu la fille de Monsieur et Madame Gonon... C’étaient des gens charmants, toujours agréables. Monsieur Gonon, le père de Marguerite, allait à la pêche avec le mien : ils partageaient cette passion. Mon père aimait également la chasse : il allait chasser sur des terres louées au comte de Neufbourg [1]. J’en ai le souvenir d’un homme qui passait toute sa vie à cheval. Il arpentait son domaine, où il élevait des bêtes d’embouche, et se montrait très susceptible lorsqu’il s’agissait de faire respecter les limites de ses terres. Malheur à celui qui s’aventurait dans ses chemins : il accourait et le haranguait du haut de son cheval. Le comte venait à Poncins rendre visite à Mademoiselle Gonon avec sa voiture. À cette époque, les routes n‘étaient pas goudronnées, et son arrivée soulevait un immense nuage de poussière. Cela faisait sensation...

Marguerite recevait d’autres visites régulières : celles de Georges Guichard, et de Monseigneur Gardette. Dans un petit village comme Poncins, les gens jasaient... Mais après tout, Mademoiselle Gonon menait sa vie comme elle l’entendait, et, en fait, personne ne savait rien.

Lorsque j’avais huit ans, elle en avait douze. Elle avait déjà une certaine autorité. Quand elle jouait de l’harmonium à l’église, pour les offices, elle dirigeait les jeunes filles choristes, d’une main de fer ! Elle chantait plus fort qu’elles, cela nous faisait rire. Lorsque survint la guerre, je l’ai perdue de vue. Elle enseignait à l’école de Poncins, dans les années quarante, et mon jeune frère Alain était son élève favori. Elle l’a toujours préféré aux autres enfants du village, et s’est toujours souvenue de lui. Elle lui a gardé une grande tendresse. Un jour, Alain m’a offert un livre de Marguerite Gonon, qu’elle est venue dédicacer, ici, dans ce salon. Elle m’a dit : “Tu sais, Maurice, je te dédicace ce livre, mais sache que c’est pour mon petit Alain !”

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Poncins : « Le plus beau village du monde », selon Marguerite Gonon. Ph. © Culture Loire.

Quand elle est revenue vivre à Poncins, elle n’avait pas vraiment changé. Elle restait toujours extrêmement courtoise, entretenait de très bonnes relations avec ma mère. Elle savait se montrer charmante, et aimait beaucoup parler. Lorsqu’elle était jeune, elle parlait peu, sans jamais manquer de courtoisie, mais n’échangeait que quelques mots, un peu sèche. Elle n’avait pas cette éloquence qu’on lui connut ensuite. Mais elle s’est toujours montrée aimable et généreuse. Je me souviens qu’elle avait pris soin de ses voisins, les Duret, lorsqu’elle était jeune. Elle sollicitait les gens du village pour leur venir en aide avec elle.

En revanche, elle pouvait se montrer dure. Son franc-parler ne lui apportait pas que de la sympathie. Un peu trop directe, voire provocatrice, elle savait mettre les gens dans l’embarras. Mais je crois qu’elle était toujours très humaine. Peut-être que son caractère affirmé lui venait de l’une de ses tantes, la sœur de sa mère, qui avait été religieuse. Après avoir été atteinte d’une méningite, cette tante adopta un comportement pour le moins excentrique. Marguerite devait un peu tenir d’elle...

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Marguerite n’ouvre plus les volets de sa maison de Poncins, assise à l’entrée du village. Ph. © Culture Loire.

Tout le monde ne l’appréciait pas, ici, à Poncins. Non qu’elle ait été désagréable avec quiconque. Mais, quoi qu’on dise, elle n’était pas de la même naissance que les gens du village. Fille d’instituteur, elle était devenue institutrice à son tour. Elle n’était pas du monde des paysans, et même si elle les respectait, tous ne l’ont pas acceptée.”

Notes

[1] Comte de Neufbourg, Georges Guichard, monseigneur Gardette : se référer à la biographie de Marguerite Gonon.

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Image extraite de l'article "Anastasie"