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Publié le vendredi 2 mai 2008 dans la rubrique :

Info & media

La mort du travailleur

Il y a quelques jours, j’ai regardé sur Arte un film intitulé « La mort du travailleur », documentaire de l’Allemand Michael Glawogger. Un très beau film divisé en six chapitres :

- Héros : en Ukraine, d’anciens mineurs sans travail ni aucun salaire passent leurs journées dans des galeries si étroites qu’ils sont contraints de travailler à plat ventre, pour rapporter un peu de charbon afin de ne pas mourir de froid.

- Esprits : sur le volcan Kawa Ijen, en Indonésie, les hommes collectent le soufre qu’ils remontent dans des paniers en osier portés sur l’épaule : la charge varie de 70 à 110 kilos.

- Lions : Au Nigéria, les paysans amènent leurs bêtes, chèvres, porcs ou vaches, à l’abattoir de Port Harcourt pour les y faire abattre. Les carcasses sont travaillées immédiatement, en plein air, à même le sol.

- Frères : les gros bateaux au rebut sont démantelés dans un chantier au Pakistan où les hommes découpent ces mastodontes au chalumeau, 24 heures sur 24.

- Avenir : la révolution industrielle bat son plein en Chine, où les ouvriers d’une fonderie confient leur foi dans le progrès.

- Épilogue : l’ancienne usine sidérurgique de Duisburg-Meiderich a été transformée en parc de loisirs.

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©M. IQBAL

Parmi ces six reportages, j’ai été particulièrement frappée, et profondément choquée, par celui consacré aux forçats de la soufrière de Kawa Ijen. Les images sont terribles, et la dignité des travailleurs immense. Chargés comme des bêtes de somme, ils courent entre les touristes venus les photographier, alignés en haie d’honneur. Un cynisme qui fait froid dans le dos.

En revanche, le reportage consacré à l’abattoir de Port Harcourt m’a semblé tirer sur des ficelles vraiment « faciles » : ce film m’a agacée. Les bêtes sont égorgées, et alors ? Elles sont mises à mort avec le moins de souffrance possible, les hommes sont respectueux des animaux. Jouer sur la sensiblerie en s’attardant sur une chèvre à l’agonie m’a semblé indigne de la haute tenue du reste du reportage.

Dans l’ensemble, La mort du travailleur m’a fortement impressionnée, par la sobriété du propos, la beauté des images, l’hommage rendu aux hommes contraints de travailler dans les pires conditions pour survivre, juste survivre. Ce film sera rediffusé le 5 mai à 3 heures ; il vous est possible également de le voir, jusqu’au 6 mai, sur le site internet d’Arte. Vraiment, regardez-le, c’est un film magnifique.

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Vos réactions

 
La mort du travailleur
4 mars 2009 22:30, par Françoise Rotteleur

Je viens de voir« La mort du travailleur » dans le cadre du 5e festival Mars ATTAC à Mons en Belgique.J’appartiens moi même au groupe ATTAC à Valenciennes.J’ai beaucoup aimé ce film nous montrant des enfers sur la terre dans des endroits différents sur la planète.J’ai beaucoup aimé car les images parlaient d’elles mêmes.En découvrant ces images,tu as peur pour les camarades ouvriers exploités en Europe .Avec les délocalisations,les conditions déplorables imposéees dans ces pays , le temps qu’il faudra pour obtenir des droits que vont devenir les travailleurs d’ici ?Les patrons ont de beaux jours devant eux !J’ai particulièrement aimé le film sur les ouvriers travaillant le soufre et cotoyant le monde des touristes.Un film à voir , revoir et à faire connaitre

 

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Image extraite de l'article "La salers, reine de la fête"