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8 commentaires

Publié le mercredi 19 septembre 2007 dans la rubrique :

La Maison du général

La maison du général - 16

19 septembre 2007

Fabien Delbecq est venu, il y a quelques semaines, à la maison apporter une photocopie du livret militaire de Jean Larroque. Le document est incomplet, mais il rassemble néanmoins l’essentiel des notes rédigées par les officiers supérieurs au sujet du colonial. Depuis, j’ai lu et relu ce livret qui retrace vingt ans de la vie du militaire. La qualité de son travail, ses faits d’armes, les blessures, les médailles et décorations, tout a été consigné.

Au travers des appréciations rédigées au fil des ans, sa personnalité se dessine, en filigrane, et j’ai de jour en jour le sentiment croissant d’avoir connu ce personnage. Pas de l’avoir connu intimement, comme un membre de ma famille, mais plutôt comme un voisin, une relation, quelqu’un avec qui j’aurais pu converser au café. Ou que j’aurais pu interviewer en vue de rédiger un article. Je sais qui est Larroque, je connais son parcours, j’ai vu son visage. Il me manque le son de sa voix, cependant, pour que l’homme achève d’acquérir la réalité d’un souvenir.

Dès la première lecture du document conservé à Vincennes, j’ai été stupéfaite en découvrant que chacun de ses supérieurs, à tous les stades de sa carrière, le couvrait d’éloges. De sa sortie de Saint-Cyr à sa dernière mission, Jean Larroque n’a reçu que des compliments. J’ai beau ne rien connaître à la chose militaire, je sais cependant que s’il est un monde où l’exigence extrême est une obsession quotidienne, c’est celui des armées. Un milieu où les relations entre les hommes sont basées uniquement sur l’autorité. Un univers où, surtout au début du XXe siècle, ne pouvaient s’épanouir que ceux capables de supporter les contraintes sans jamais faiblir, sans commettre d’écarts. Pour gravir les échelons de la hiérarchie, le jeune Larroque avait dû d’abord se conformer strictement aux instructions, toujours réaliser le travail que l’on attendait de lui, se plier à des règles qu’il ne pouvait, en aucun cas, transgresser. Et dans l’exercice quotidien de la soumission, il avait dû se montrer assez fort pour ne pas être fondu dans la masse de ses compagnons, pour ne pas rester un soldat anonyme, un élément consciencieux et discipliné que personne ne remarque. Il a si bien réussi l’alchimie entre allégeance et force de caractère qu’il n’a suscité dans son entourage qu’une avalanche de propos dithyrambiques.

Puis après avoir su obéir, il a montré qu’il était capable de commander, et rien ne semblait pouvoir freiner son ascension. Le lieutenant-colonel Aymeriels, sous les ordres duquel il servait, en 1904 au Zinder, fit même part de son impatience à le voir obtenir de l’avancement, écrivant au sujet du lieutenant Larroque, âgé de 29 ans : « Il est profondément regrettable que cet officier ne soit pas entré au tableau l’année dernière. Il mériterait tout au moins d’y figurer cette année en bonne place. » Comme une litanie, les mêmes qualificatifs reviennent dans chaque note : discipliné, excellente éducation, instruit, énergique, sympathique, calme. De quel bois était donc fait le général, pour séduire ainsi ?

Depuis mon arrivée dans le Midi toulousain, où les casernes abondent, j’ai rencontré de nombreux militaires qui avaient achevé leur carrière. Mon voisin de Caraman était un ancien marin ; le propriétaire du café avait été mécanicien dans l’armée. L’un des clients avait appartenu à un commando de parachutistes... Tous ces gens, jeunes encore, exerçaient désormais une profession civile ; certains étaient au chômage. Tous étaient gentils, prompts à rendre service, et rien en fait, dans leur comportement, ne permettait de deviner qu’ils avaient passé quinze ou vingt ans sous les drapeaux. Certains, pourtant, avaient vécu de terribles épreuves, qui en Bosnie, qui lors de la première guerre du Golfe, qui au Rwanda... Peu gradés, le cœur chargé de souvenirs sanglants, ils partageaient désormais les difficultés quotidiennes de tout un chacun, emmenaient leurs enfants au foot ou au rugby le dimanche... des gens ordinaires dont les vies n’avaient ni plus ni moins d’éclat que la mienne. Ils avaient « fait leur compte », et leur départ de l’armée n’avait pas provoqué plus de remous que leur retour dans la société civile. C’étaient des éléments consciencieux et disciplinés que personne n’avait remarqués. Que leur avait-il manqué pour sortir du rang ? Le courage, probablement pas. Le mérite, non plus. Bien sûr, aucun n’avait été formé dans une école d’officiers ; il était donc peu probable qu’ils auraient pu accéder à un grade élevé avant la fin de leur carrière. Mais plus simplement, ils n’étaient pas animés par la passion et l’énergie dont sont faits les chefs. L’ambition leur a manqué, cette pulsion qui pousse quelques-uns à se distinguer, cet élan qui incite les autres à les suivre. Ils n’ont pas su, à l’instar de Jean Larroque, obéir tout en imposant leur propre autorité.

Le seul gradé qu’il m’ait été donné de rencontrer m’avait inspiré, pour de très longues années, une haine viscérale envers les militaires. Un commandant à la retraite et, à ce que j’ai compris, fils de hussard. Gérard de Folembolle. était un cavalier hors pair, membre de l’équipe de France de saut d’obstacles médaillée d’or aux Jeux olympiques de Mexico. Je fis un séjour chez lui, alors que j’avais à peine dix-neuf ans, et que, refusant d’exercer le métier de sténo-dactylo auquel ma médiocre scolarité m’avait préparée, j’envisageais de travailler dans le milieu équestre. J’arrivai à La Gratade, près de Limoges, pour effectuer un stage dans le cadre d’une formation en vue d’obtenir un diplôme de palefrenier. C’était le commandant de Folembolle. qui m’avait recrutée, répondant à une petite annonce que j’avais fait paraître dans la presse spécialisée. Il m’avait téléphoné, m’impressionnant avec son superbe parcours en compétition, vantant la qualité de son écurie constituée essentiellement d’anglo-arabes, tout comme celle de ses installations. Sa voix était étonnamment jeune, et je crus que la possibilité de travailler pour un si prestigieux employeur était une chance qui ne se refusait pas. Je ne voulus pas m’alarmer du fait qu’il demandait, en échange du gîte et du couvert, la somme de trois cent cinquante francs par semaine. C’était en 1983.

À la gare de Limoges, je vis venir vers moi, d’un pas rapide, un homme petit et maigre, au regard perçant, portant veste de chasse et jodhpurs. En réalité, ce fut la seule fois qu’il ne se présenta pas devant moi une cravache à la main. Alors que nous nous dirigions vers sa voiture, il me demanda si je pouvais conduire : à la suite d’une chute de cheval, il souffrait de troubles de l’oreille interne qui l’empêchaient d’évaluer les distances. Je n’avais pas passé mon permis de conduire, et le trajet jusqu’à La Gratade fut effrayant... Mais je n’étais pas au bout de mes peines. Il me laissa à peine le temps de poser ma valise dans la cour avant de s’écrier : « Allez vous changer, et à cheval ! » Je venais de passer plus de dix heures dans un train omnibus qui m’avait menée de Veauche à Limoges en passant par Roanne, Guéret et je ne sais combien de gares perdues ; je n’avais pas d’autre équipement que mon jeans’ et une paire de bottes en caoutchouc. Je n’avais pas mangé depuis la veille au soir, j’étais tétanisée par une timidité maladive et, surtout, je ne savais pratiquement pas monter. J’étais juste capable de diriger un cheval aux trois allures, de franchir quelques cavaletti et de rester en selle si ma monture faisait un écart. Le commandant savait cela, je lui avais dit au téléphone que j’étais mauvaise cavalière. Manifestement, il s’était mis en tête de m’apprendre à monter. Il était l’inventeur d’une pédagogie dont il tirait une fierté extrême. L’estomac vide, exténuée et terrorisée, j’allais découvrir de quoi il retournait.

Aujourd’hui encore, dans le milieu équestre, on se souvient de Gérard de Folembolle. comme d’un fou, brutal, casseur de chevaux ; une caricature de va-t-en guerre à qui l’orgueil avait fait perdre le sens commun. Chacun sait, pour l’avoir constaté ou en avoir entendu parler, qu’il terrorisa des générations d’apprentis-cavaliers, et il se raconte, au bord des carrières d’échauffement ou autour des paddocks, qu’il arrivait, lors des épreuves de concours complet, avec les chevaux sellés et bridés dans le camion... et les cavaliers sautant du pont, montant des chevaux paniqués, pour entrer directement sur le parcours. Je crée bien souvent la surprise autour de moi lorsque j’interviens, moi qui monte si mal, et qui même aujourd’hui ne monte plus du tout, pour témoigner et raconter que la légende est à peine exagérée. Si je suis aujourd’hui une si médiocre cavalière, je le dois probablement à mon absence de talent en la matière, mais aussi au commandant de Folembolle, le fils de hussard inventeur d’une méthode pédagogique révolutionnaire que personne ne perpétua, tant elle était dangereuse et insensée.

Cette méthode reposait sur un dispositif dont le but était d’attacher littéralement le cavalier au cheval : une barre rigide était fixée par chacune de ses extrémités aux étriers grâce à des liens découpés dans des chambres à air. Les pieds du cavalier étaient eux-même solidement attachés aux étriers, à l’aide de ces mêmes liens. Ainsi, les jambes étaient fixement plaquées contre la sangle, et le cavalier, c’est un fait, ne pouvait pas tomber. Gérard de Folembolle estimait que cela suffisait à faire disparaître la peur chez le débutant. Il ignorait que lui-même inspirait une véritable terreur à ses élèves. Jamais, depuis, je n’ai connu d’homme aussi violent. J’ai reçu mon premier coup de cravache une heure après être descendue du train à Limoges : j’étais trop lente pour attacher mes pieds aux étriers. « Mais ce n’est pas possible ! Vous êtes empotée, ma parole ! » Enfin, je fus prête, saucissonnée sur un cheval aussi terrorisé que moi, galopant en cercle autour du commandant qui tenait les rênes à la boucle. Un quart d’heure à main droite, un quart d’heure à main gauche, au galop sur un cercle de deux mètres, sans échauffement pour le cheval, sans préparation pour la cavalière... Je pus enfin aller déjeuner à l’issue de ce supplice, après avoir rentré au box un cheval couvert d’écume, au milieu d’une froide après-midi d’avril.

Toujours dans un but pédagogique, le commandant avait remplacé les selles par ce qu’il appelait des « protections de dos », qui n’étaient que des tapis de cuir équipés d’étrivières. Tous les chevaux avaient affreusement mal au dos, ainsi qu’au passage de sangle, à cause de la compression terrible de la barre de stabilité. Du moins, les « chevaux de club », désignés par le maître des lieux avec mépris. Les « chevaux de concours », eux, logeaient dans une écurie à part ; ils avaient également mal au dos, et il était impossible de les panser correctement, tant la douleur les faisait réagir. Le commandant, qui affichait alors avec la plus grande fierté « soixante ans et soixante fractures », ne sortait plus beaucoup en concours, et les chevaux devenaient aussi fous que leur maître, passant des mois entiers sans jamais sortir de leur box.

Parfois, le soir, Folembolle, qui logeait à Limoges, venait à La Gratade pour monter. Il arrivait toujours lors du dîner, et je devais sur le champ aller préparer le cheval qu’il m’avait désigné. Il fallait alors que je sorte de son box un animal ankylosé par des semaines d’immobilité, que je le panse, que je graisse ses sabots qui n’avaient pas vu un maréchal depuis des lustres, que je l’équipe en bride complète, que j’arrose en hâte le manège au milieu duquel je devais attendre, cheval en main, que le commandant se mette en selle avec mon aide. Ensuite, je montais les barres aux endroits et hauteurs indiqués, et je devais disparaître. Deux heures plus tard, le cavalier partait en voiture ; il me fallait guetter le bruit du moteur et aller chercher, attaché par les rênes, un cheval tremblant et blanchi d’écume, naseaux dilatés, bouche paralysée. Je devais, tout doucement, lui retirer la bride sans jamais toucher les oreilles, le commandant ayant l’habitude de les cravacher pour contraindre le cheval à exécuter ses ordres.

Le dimanche matin, avait lieu « la reprise du commandant ». Tout le gratin limougeaud amenait sa progéniture pour qu’elle reçoive l’enseignement d’un Gérard de Folembolle qui, pour cette cérémonie, était toujours vêtu de sa plus belle veste de chasse et de ses plus amples jodhpurs. Je ne crois pas avoir assisté, depuis, à spectacle plus pathétique. Des chevaux entiers s’agressant sans semonce en raison de la présence de juments en chaleur ; un commandant hurlant, bavant, sautant à pieds joints sur la cravache jetée dans la sciure du manège. Des enfants prisonniers de leurs montures, ficelés par les pieds, recevant les coups de sabot que se décochaient en ruant les étalons devenus furieux. Le commandant glapissant « Reprends ton cheval ! Ramasse tes cuirs ! Prends tes rênes et fouette-le ! Sur les oreilles ! Les oreilles ! » Dans un coin du manège, un gamin restait coincé sous son cheval qui se roulait pour se débarrasser de sa barre de stabilité. Les quelques élèves qui avaient gardé le contrôle de leurs montures étaient blêmes, les larmes aux yeux, accrochés à leurs rênes comme à une bouée, le souffle court. J’ai assisté à deux de ces mascarades, j’ai vu partir ces deux jours-là des enfants blessés. À la fin de la reprise, les parents, que le snobisme aveuglait, applaudissaient : « Bravo, commandant ! »

Je ne crois pas que Gérard de Folembolle, le commandant hystérique et bestial, ait réalisé de grandes choses dans l’armée. J’ai fait quelques recherches, par acquit de conscience, sur internet, et le champion olympique y a laissé encore moins de traces que Jean Larroque. En revanche, après que je me suis enfuie de La Gratade, en pleine nuit, j’ai conservé une aversion presque incontrôlable envers les gens qui crient et gesticulent, ainsi que la certitude que les militaires, ou du moins les officiers, étaient des brutes inhumaines. Il fallut de nombreuses années pour que j’accepte de revoir mon jugement, et que constate que, dans l’armée comme ailleurs, le respect n’était acquis qu’aux chefs respectables, non aux despotes.

Jean Larroque était de la même génération que le père du commandant de Folembolle. S’il est improbable qu’ils se soient rencontrés, ils appartenaient tous deux à cette époque où les militaires étaient des guerriers, dressés pour tuer ou pour mourir, mus par la volonté de vaincre et animés par cette nécessité impérieuse aujourd’hui tombée en désuétude, celle de préserver, coûte que coûte, ce que l’on appelait l’honneur.

Mon général a probablement infligé autant de souffrances qu’il en a lui-même supporté. L’oncle vénéré de la petite Jeanne, cependant, ne ressemble en rien à un de Folembolle dément. C’était un homme de son époque, vivant dans le respect absolu de valeurs si éloignées de celles qui on cours désormais que je ne parviens pas à les concevoir clairement. Je ne peux pas vraiment comprendre comment un homme manifestement intelligent, dont la culture et l’éducation étaient abondamment louées par ses pairs, indubitablement doté de valeurs humaines exceptionnelles, a pu accéder si rapidement au sommet d’une hiérarchie aussi dure et impitoyable. La discipline seule n’a pu suffire ; le zèle pas davantage. Il a fallu au général beaucoup plus que cela, et les appréciations qui émaillent son livret militaire laissent deviner, sans le nommer, l’atout qui permit au colonial de faire oublier ses nécessaires faiblesses : Jean Larroque avait du charisme, et même du charme, ce qui lui permit certainement de gagner l’amitié des hommes puissants et influents qui l’accompagnèrent sur sa route vers le sommet.

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Vos réactions

 
La maison du général - 16
21 septembre 2007 22:39, par Vieux motard

T’as connue de drôles de personnes

La maison du général - 16
29 septembre 2007 22:40, par Jean-Michel

Même pendant mes dix petits mois d’armée je n’ai jamais rencontré « d’illuminés » pareil sinon j’aurai surement déserté

La maison du général - 16
30 septembre 2007 22:40, par Umanimo

Ah, ben dis donc !

UMA

La maison du général - 16
30 septembre 2007 22:41, par DB du Jardin

;-) Ouais, il était rigolo, le commandant Machin.

Il faut croire que je les attire... Si je fais l’inventaire de mes différent(e)s chefs et supérieur(e)s, y’a du déchet ! Une chef de service au Progrès qui était bourrée comme un œuf 24 heures sur 24 (je faisais son boulot, sans statut ni salaire), pendant qu’elle éclusait ses bières au bistrot d’à côté), le patron de l’Écho de la Loire qui me pourrissait la vie parce qu’il exigeait de ses employées femmes qu’elles s’habillent exclusivement en tailleur avec chaussures de ville à talons (il aurait fallu que je m’achète une garde-robe complète)... La montagne maudite, vous êtes au courant et vous savez comment ça s’est terminé, et maintenant le leader de gauche qui pulvérise tous les records en matière de précarité et d’exploitation...

Heureusement que dans cette meute il y a eu quand même des gens vraiment formidables. Pas beaucoup, mais il y en a eu.

Bon. Je continue à m’intéresser au général, bien sûr, mais j’ai bien peur que les prochains chapitres prennent une tournure un peu particulière. C’est intéressant, le rapprochement entre son époque où le fameux « ascenseur social » n’existait pas mais fonctionnait parfaitement, et celle d’aujourd’hui, où tout est fait pour piétiner les gens, surtout ceux qui pourraient menacer le petit pouvoir de ceux qui ne le méritent pas.

DB_comme_quoi_y’a_pas_besoin_d’être_militaire_pour_avoir_une_vie_pleine_de_rebondissements

La maison du général - 16
18 novembre 2007 22:56, par DB du Jardin

Petit retour sur le commandant machin...

Je lui avais donné un pseudo, pour des fois si au cas où on sait jamais y’aurait un héritier qui viendrait m’emm...uyer. D’ailleurs, la plupart des personnages du récit ont été rebaptisés. Donc voilà, je pensais qu’avec l’horrible commandant j’étais tranquille.

Eh ben non.

Vendredi soir, je reçois un mail d’un monsieur très poli mais aussi très pas content qui m’explique que dans la famille machin, on n’est pas nombreux et qu’on sait à peu près qui a fait quoi. Et que le triste sieur machin dont je cause dans mon chapitre 16 doit être quelqu’un d’une autre famille, et que je serais bien urbaine de vérifier avant d’écrire des trucs pas sympas et même pas vrais sur un membre de cette lignée.

Quand je pense que je me suis creusée pendant des plombes pour trouver un nom que personne ne pouvait porter. Pas de bol, quand même.

Alors j’ai répondu au monsieur que c’était une faute d’erreur de ma part, et que je comprenais bien qu’on ne veuille pas d’un empaffé pareil dans sa famille. J’ai immédiatement repris mon chapitre 16 et le triste personnage s’appelle désormais Gérard de G. J’ai même pas osé mettre un faux nom avec autre chose qu’une initiale, avec le pot que j’ai, ça va encore tomber sur quelqu’un qu’a rien à se reprocher.

Du coup le monsieur très gentil et pas content fut ravi et m’expliqua que l’homonyme de l’horrible commandant était son grand-père, commandant également, bon cavalier, qui avait guerroyé du côté de Limoges. Je comprends que mon récit lui ait fait un choc. Il m’a raconté que, quand il était petit, son commandant de grand-père l’avait emmené prendre une leçon d’équitation chez un fou furieux qui ressemblait beaucoup au mien, avec à peu près les mêmes méthodes... Mon correspondant en a gardé un très mauvais souvenir. Alors finalement, ça lui plaît bien que j’aie réglé son compte au méchant Gérard de G. : « Vous m’avez vengé », m’a-t-il écrit.

Quand j’ai raconté ça à Marie-Honorine, elle était toute émue, dites donc.

La maison du général - 16
10 décembre 2007 23:05, par Le Monsieur

DBardel a écrit :

Petit retour sur le commandant machin du chapitre 16...

Je lui avais donné un pseudo, pour des fois si au cas où on sait jamais y’aurait un héritier qui viendrait m’emm...uyer. D’ailleurs, la plupart des personnages du récit ont été rebaptisés. Donc voilà, je pensais qu’avec l’horrible commandant j’étais tranquille.

Eh ben non.

Vendredi soir, je reçois un mail d’un monsieur très poli mais aussi très pas content qui m’explique que dans la famille machin, on n’est pas nombreux et qu’on sait à peu près qui a fait quoi. Et que le triste sieur machin dont je cause dans mon chapitre 16 doit être quelqu’un d’une autre famille, et que je serais bien urbaine de vérifier avant d’écrire des trucs pas sympas et même pas vrais sur un membre de cette lignée.

Quand je pense que je me suis creusée pendant des plombes pour trouver un nom que personne ne pouvait porter. Pas de bol, quand même.

Alors j’ai répondu au monsieur que c’était une faute d’erreur de ma part, et que je comprenais bien qu’on ne veuille pas d’un empaffé pareil dans sa famille. J’ai immédiatement repris mon chapitre 16 et le triste personnage s’appelle désormais Gérard de G. J’ai même pas osé mettre un faux nom avec autre chose qu’une initiale, avec le pot que j’ai, ça va encore tomber sur quelqu’un qu’a rien à se reprocher.

Du coup le monsieur très gentil et pas content fut ravi (...)

Le monsieur très gentil (il espère) ou très poli (il essaye) est aussi très curieux. Alors il a quelque peu dérouté ses pas vers le sentier qui va à la cabane, forcément arrêté un temps par les formalités de l’enregistrement. Il a docilement accepté le règlement, car il a exactement ou plus de treize ans, recopié le code genre YozdU, car pas encore déficient visuellement, et le voilà qui se faufile entre les mots, jusqu’à cette masure bizarre de la journaleuse qui a égratigné sans le vouloir son grand-oncle le colonel.

En fait, il se doutait bien, le monsieur, qu’elle n’avait pas pu s’empêcher d’écrire quelque part cette histoire de nom d’emprunt, promptement et obligeamment remboursé à ces patronymeux outrés.

Bon. Pas très raffiné, tout de même, de scruter entre les morceaux de bois, pour voir ce qui se passe. Un brin d’inquiétude : d’ici à ce que tous les cabaneux sortent tout furieux comme les gaulois du village d’Astérix en brandissant des gourdins, le monsieur pourra tout juste s’enfuir en maudissant son arthrose précoce et sa curiosité fautive.

Mais non, tout semble paisible. Et par ces frimas, il se prend à rêver que la porte s’ouvre tout grand, et qu’on lui propose, au monsieur, un vin chaud. Qui sait ? ..

La maison du général - 16
11 décembre 2007 23:06, par DB du Jardin

Il m’avait bien semblé que le monsieur avait également de l’humour... En voici donc la confirmation.

VM, range ton menhir, le monsieur veut juste un vin chaud...

Pour ce qui est de Marie-Honorine qui est venue raconter cette aventure alors que le monsieur avait bien dit, quand même, que c’était pas la peine d’aller le chanter sur les toits... Je l’ai privée de chocolat. Et de confiture.

Parce que c’est pas pour dire, mais bon, si des fois y’en aurait qui seraient durs de la feuille : J’AI PLUS DE CONFITURE POUR SUCRER MON FROMAGE BLANC.

La maison du général - 16
29 avril 2010 12:08, par domi

je ne sais pas qui vous pouvez êtres et de cela je m’en moque, mais sachez que je suis un ancien cavalier de la gratade et je suis outré de votre histoire car de toutes les années ou j’ai travaillé avec le commandant je n’ai jamais vu d’enfant coincé sous son cheval, pour ce qui est du cheval qui sort du camion dejà monté il n’était pas affolé, mais surtout s’était un étalon que l’on ne pouvait pas sortir sans danger pour les autres chevaux et cavaliers et de plus cela ne sais produit qu’une seule fois. Pour ce qui selon vous est un tapis de cuir sachez que l’ on appelait cela des selles du nom du commandant est si effectivement vous avez était chez lui en 83 je dois vous connaitre mais vous vous n’avez voulu voir que ce qui porrais faire parler de vous, car oui il était fou mais animé d’une passion sans borne pour ses chevaux et ses quelques cavaliers qui lui reste fidèles.Pour les autres qui commes vous n’y connaisez rien, vous ne pourrez jamais comprendre quand fait il nous à transmis la passion pour l’équitation. Dernière choses regardez bien les cavaliers actuels se sont des gens qui a part monter ne s’interesse pas du tout à l’animal. Je ne vous salut pas car si quelqun de sa famille est intervenu c’est que votre histoire c’est du n’importe quoi.

 

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