Le jardin de DB

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4 commentaires

Publié le jeudi 30 novembre 2006 dans la rubrique :

Musique

Je recherche un disque de Pierre Brunet

Ça fait un petit moment que ça me trotte dans la tête. C’est un souvenir de môme, un peu comme La Révolution française. C’est un 45 tours qu’il y avait chez mes parents ; le disque devait être à mon père, mais je n’en suis pas très sûre. Je ne me rappelle pas exactement du nom du chanteur. Il me semble que c’était Pierre Brunet, ou Jean-Pierre Brunet, ou quelque chose du genre. Eh oui, c’est vague... ;-)

J’ai des souvenirs beaucoup plus précis des chansons gravées sur ce disque. J’aimerais bien savoir qui les a écrites (elles sont très drôles), et dans l’idéal, j’aimerais bien les entendre à nouveau. Je ne sais pas pourquoi.

La dernière fois que j’ai écouté le disque, je devais avoir une douzaine d’années. Ça commence à faire un bail. Je pense que le disque a au moins 40 ans, si ce n’est plus. Il était déjà « vieux » quand je l’écoutais.

Alors voilà, je vais vous donner ce dont je me souviens, et si ça vous dit quelque chose... faites remonter l’info !

C’était un « quatre titres » ; il y avait (titres approximatifs) : La ballade du pendu en java (ou la java du pendu en balade) ; Ma sœur Anne ; une chanson où le mec reprochait à sa belle d’être glaciale — j’ai complètement oublié le titre. Je n’ai plus le moindre souvenir de la quatrième chanson.

La Ballade du pendu en java (ou l’inverse) est la chanson dont je me souviens le plus. Les paroles, à peu de choses près, c’était ça :

Un jour où j’en avais marre
Du gibet de Montfaucon
Et de ses tristes perchoirs
Où des corbeaux ignares
Vous prennent pour du mouron,

Je suis parti bien tranquille
En emportant sur mon dos
Ma corde à toutes fins utiles
Afin d’la vendre en ville
À deux thunes le morceau.

(refrain)
J’suis un pendu en bala-ade,
(oublié)
D’un air détaché.

En passant près du cim’tière,
J’entendis un faible bruit :
Une fille aux yeux pervers
Tombée dans la rivière
S’y noyait sans un cri.

N’écoutant que mon courage,
Ma corde je lui jetai ;
Sans attendre davantage
La hissai sur la plage
Prévue à cet effet.

(refrain)
J’suis un pendu en bala-ade,
Qui venait de décrocher
La médaille de sauveta-age
D’un air détaché.

À peine reprit-elle ses sens
Que j’repris aussi les miens
Et ce fut en l’occurence
Un peu à contresens
Qu’elle m’offrit les siens.

Mais à l’aube le cher ange
Soudain me d’manda pourquoi
J’avais cette face exsangue
J’tirais toujours la langue
Et j’avais les pieds froids.

(refrain)
J’suis un pendu en bala-ade
Qui venait de décrocher
De décrocher la timba-ale
D’un air détaché.

Comme je lui contai la chose
Au cou elle m’a sauté
Je n’aime pas ça et pour cause
Mais cependant je n’os-

- ai pas la contrarier

(oublié)
(retrouvé) : D’autant que sans une parole
Elle avait saisi le lien
Qui me pendouillait au col,
Ivre d’une (envie ?) folle
Elle tirait à deux mains.

(refrain)
J’suis un pendu en bala-ade
Qui tentait de décocher
De décocher des rua-ades
D’un air détaché.

(oublié)
L’amour de cette inhumaine
N’était que superstition.
AUssitôt sans perdre haleine
Je revins l’âme en peine
Me pendre à Montfaucon.

(refrain)
J’suis un pendu en bala-ade
Que l’amour a raccroché
J’ai fini ma promena-ade
Pour l’éternité,
J’ai fini ma séréna-ade
Pour l’éternité.

P’taing, j’écoutais de drôles de trucs quand j’étais môme !

Ma Sœur Anne, je ne pouvais pas comprendre, j’étais trop petite. Mais il m’en reste quelques fragments :

Mon père courait le jupon,
C’était la lubricité même.
Il rentrait bien à la maison,
Mais ça n’était jamais la même...

Et je me souviens quelquefois
De ces attentes interminables,
Avec le rôti qui brûloit,
Et avec ma mère qui pleuroit
Dans sa soupe qui épaississoit...

Man-geons, ça le fera v’nir,
Disait ma sœur Anne, ma sœur Anne,
Man-geons, ça le fera v’nir,
Et puis mangeons tout ça lui apprendra.

Je ne sais plus le reste des paroles ; en gros, la sœur Anne se fait draguer par un mec à qui elle dit « Vous, vous, je vous vois venir ! ». Et puis à la fin elle se fait écraser par un autocar qu’elle n’a pas vu v’nir ça lui apprendra... ;-)

La chanson sur la nana glaciale dont j’ai oublié le titre était encore plus opaque pour moi... Mais elle me faisait beaucoup rire. Voilà les petits bouts qui me restent :

Allez allez, quand tu te do-onnes,
J’vois bien que tu n’réagis pas.
Allez tu ne trompes perso-onne
Avec tes petits cris de chat.

Et j’ai beau potasser Ovide,
Tu t’abandonnes comme un banc,
Et même comme une banquise,
Quand tu m’appelles... ton ourson blanc !

Allez allez,
tu l’fais exprès,
d’être de gla-aaaa-aaace.

Après, ça devait être trop hard, c’est enfoui dans mon subconscient... Ce qui me plongeait dans une joie extrême, c’était le passage où il disait qu’il allait acheter des patins à gla-aaaa-aaace pour lui faire « des 8 sur les seins, et pour qu’ça t’fasse encore plus ma-al, je les f’rai en chiffres romains ! » :- ? :- ? C’était sur un air de tango. (Edit ---> ça me revient, ça s’appelait « Tango polaire » !)

La dernière chanson s’intitulait, je crois, « Côté cour, côté jardin ». Pas d’autres indices à vous donner.

Donc voilà. Le premier qui me ramène les quatre fichiers MP3 de ce monument aura droit à ma gratitude éternelle.

Et sinon, j’espère que ces quelques bribes de chansons d’un autre âge vous auront amusés...

DB_ki_retombe_en_enfance

Post-scriptum

Mise à jour du 21 février 2008 :

J’ai retrouvé dans mes vieux mails la réponse qu’un copain d’un copain lui avait adressée :

Pierre Brunet faisait partie de la série de 4 artistes lancés par Canetti, chacun un 45 tours et un 45 tours avec une chanson de chacun. L’opération s’appelait le trèfle à quatre feuilles et ça date sans doute de 1958. Les quatre protagonistes étaient Anne Sylvestre qui a fait la carrière que l’on sait, Roger Riffard dont la discographie et la trajectoire sont visibles sur le site : http://rogerriffard.free.fr/ , Jean-Pierre Suc qui après quelques années de duo avec Serre (Suc et Serre) commençait une carrière solo et dont ce fut le seul 45 tours solo puisqu’il s’est suicidé en 1960, et enfin Pierre Brunet dont ce fut aussi le seul 45 tours. Après sa mort, ses amis ont réédité ses chansons dans un 30 cm rarissime

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Vos réactions

 
Je recherche un disque de Pierre Brunet
15 janvier 2008 15:34, par Annie

J’ai « une histoire vécue » de Pierre Brunet il a chanté aux Trois-Baudet et je pense que le dique dont vous parlez est un 45 tours philips n° 432.358 BE avec Franck Aussman et son ensemble. Les printemps de la Chanson 1959. Il avait 28 ans, une femme, 4 enfants, habitait Paris et travaillait dans un usine de disque dans l’Eure

Je recherche un disque de Pierre Brunet
21 février 2008 00:26, par Aaton

Ben voila, j’ai prié st google, ça m’a pris par hasard, j’suis tombé sur la cabane de DB, nov . 2006, et le jardin qui va avec, et est plus frais et moins d’occase, mais avec la même obstination. J’suis même allé trouver un peu de bonheur sur les liens et réponses du 1er blog. Enfin, des nouvelles de Pierre Brunet, qui m’a bercé en me susurrant :

J’suis bon à rien, c’est pas nouveau Déjà lorsque j’étais marmot Mon père le disait à ma mère ma mère qu’étais bonne à tout faire Vous parlez d’une hérédité...

Mon père lui était ....

Pas l’temps de tout y mettre toutes les paroles dont je me souviens, mais la ballade (Java du pendu en ballade ou ballade du pendu en java), et autres « Je l’ai rencontrée côté cour, elle allait vider ses poubelles ; Ah mon Dieu qu’elle était belle, avec sonp’tit seau à la main, côté jardin » et tout ça, moi j’en ai souvenir, mais sur un 33T. Alors c’est carrément un balladeur entier qu’il va falloir ... pour les fichiers MP3, quand tu les auras trouvés et que tu auras la grace de m’en faire part, et participer. J’écoutais ça en boucle avec des copains, dont un qui possédait le disque, ou alors c’était ses parents, ce qui est sûr c’est que ça a marqué. Alors de voir cette petite référence sur encyclopédisque.fr, ça ouvre des torrents de nostalgie. Allez, à +

J’ai ce disque
13 avril 2008 21:44, par AB

Bonjour, Je crois savoir de quel disque vous parlez et je l’ai gravé sur un CD avec les chansons que vous avez évoquées dans votre message. Tenez moi au courant si vous souhaitez en avoir une copie. A bientôt

Je recherche un disque de Pierre Brunet
13 avril 2008 21:56, par DB du Jardin

Merci beaucoup AB pour votre message et pour votre généreuse proposition ! Mais depuis que j’ai écrit ce billet, j’ai retrouvé le disque, dont un internaute m’a envoyé une copie numérique. Si vous allez sur la page d’accueil de ce site (en cliquant sur ce lien : http://www.lejardindedb.fr/), vous constaterez que j’ai posté hier un sujet consacré à la quatrième chanson du disque, Ma Sœur Anne. Et tout en haut de cette page, dans le petit encadré intitulé « Sur le même thème », vous trouverez un lien nommé « Pierre Brunet » qui vous permettra d’accéder à tous les textes que j’ai consacrés à ce chanteur et au fameux disque.

Je suis très heureuse d’avoir reçu votre visite ; elle décidera peut-être les autres « jardineux » à s’exprimer enfin ! N’est-ce pas ? ;-)

DB_très_contente_parce_qu’il_y_a_plein_de_gens _qui_se_souviennent_de_Pierre_Brunet

 

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Image extraite de l'article "C'est Mozart que j'assassine !"