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Publié le samedi 9 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

J’ai rêvé d’un autre monde...

L’Aveyron, c’est vraiment pas loin de chez moi. Juste à côté, pour y aller on descend à Montsalvy, et on y est. C’est tellement près que le commercial de mon canard habite au Fel, charmant petit village aveyronnais niché dans son écrin de verdure, et où l’on produit une piquette imbuvable dont il me reste quatre bouteilles. Quelqu’un en veut ?

Ils sont nombreux, à avoir entonné ce refrain. Sous toutes les latitudes, sur tous les tons. Et aujoud’hui, ils sont quelques milliers à le reprendre, sur le plateau désertique du Larzac. Finalement, ce grand rassemblement "Larzac 2003" m’est assez sympathique. Tous ces gens avec lesquels je suis rarement d’accord, mais qui se bougent pour exprimer leurs idées, qui recherchent, trouvent et proposent des solutions pour "un monde différent", ça me plaît.

Les voisins cantaliens, eux, apprécient moyennement, hormis peut-être les profs, qui avaient été extrêmement mobilisés lors du mouvement du mois de juin (mon fils a eu 5 semaines de vacances supplémentaires, il adhère à donf à la cause des fonctionnaires, ce cher petit). Non que les gens du Cantal soient réfractaires à l’idée du commerce équitable, à la lutte contre la mondialisation ou contre les OGM, ou qu’ils soient des adeptes de l’ultra-libéralisme. Leur gros problème, c’est José Bové. Le leader de la Confédération paysanne est très, très mal vu ici, pays de la FDSEA. Et il faut bien reconnaître que les quelques représentants de la "Conf’", ici, sont quand même de drôles de gugusses, plus prompts à la castagne qu’au dialogue.

Puisque vous me demandez mon avis, moi, José Bové, je ne l’aime pas trop non plus. C’est un grand manipulateur de l’opinion publique, qu’il sait suivre avec une rare servilité afin d’accroître sa popularité. Je doute profondément de la sincérité de son engagement, et je le soupçonne de n’être pleinement heureux que quand il a des dizaines de caméras braquées sur lui, lorsqu’il est "chahuté" par les forces de l’ordre. Bref, ce mec m’énerve au plus haut point. Et ce qui m’énerve encore plus, c’est qu’il puisse impunément "démonter", détruire, voler, casser, bafouer les lois au nom de la cause syndicale. Ce qui finit de m’énerver pour de bon, c’est que, par crainte d’éventuels "débordements" sur le Larzac, on ait choisi de le libérer (pardon, d’aménager sa peine) quelques jours avant le rassemblement. Et voilà le moustachu qui jubile : là, je craque. Ceci dit, je n’ai rien contre les moustachus, sauf quand ils s’appellent José Bové.

Bon, revenons à notre sujet. Sur le plateau aveyronnais, on trouve donc les militants de la Conf’, dont je me fous à peu près autant que de ma première chemise. Précision : ils seraient de la "Fédé", ce serait pareil. On trouve aussi des militants de Droits devant, de Droit au logement, d’Attac, de Greenpeace. On trouve des instits et des profs, on trouve le Mouvement d’immigration et des banlieues... Qu’est-ce qui les réunit là ? Une colère commune, le sentiment d’être des instruments d’une politique qui les piétine, la conviction que le monde bascule dans une spirale qui va tous les bouffer.

Le ne suis pas contre les OGM, j’admire et respecte les opérations de commerce équitable, je suis indifférente aux misères des agriculteurs qui vivent tous les ans une "année catastrophique" (quoi que cette année, ils ont quelques raisons de se plaindre, mais ils se plaignent tout le temps, alors ça lasse). Je suis loin d’adhérer à tous les combats qui s’expriment actuellement sur le Larzac. Il y en a même quelques-uns que je trouve carrément idiots, voire dangereux. Mais ça faisait si longtemps que les gens ne s’étaient pas soulevés, n’avaient pas tenu tête, n’avaient pas osé dire "non", que j’espère beaucoup de Larzac 2003.

Et j’espère quoi, au juste ? J’en sais rien. Je suis comme tout le monde. J’en ai marre, je vois que ça ne tourne pas rond, que tout va de travers et que ça ne peut pas durer. Pour une fois, je suis une bonne petite Française moyenne et je le revendique. Mais j’ai du mal à croire que les Altermondialistes, les écolos, les fonctionnaires, les anti- et les pro- parviennent à faire "changer le monde". Il est trop puissant, le monde, et en même temps il est trop fragile, il se défend avec l’énergie du désespoir, il met le paquet pour ne pas sombrer. Le monde "occidental", le groupe des pays "riches" qui se voient s’effondrer et qui tentent d’échapper à la noyade.

Alors je vais me contenter, sans y trouver de réelle satisfaction, de rêver d’un autre monde. Et de suivre ce qui se passe non loin de là, à quelques dizaines de kilomètres. Dommage que Bové y soit.

En bref

FIASCO

La presse départementale me déçoit encore plus que d’habitude. Même mon canard à moi, qui me nourrit. A les croire, la semaine cyclo est une grande fête. Pas une seule feuille de chou pour parler des 2 500 repas préparés à Vic à la demande de la Fédération, pour à peine 500 convives. Personne pour relater le comportement de ce groupe qui a débarqué pour visiter le château de Pesteils et qui a fait un scandale parce qu’on leur demandait de payer le billet d’entrée. Pas un pour nous expliquer le ballet des hélicoptères du Samu et des pompiers, ou le cortège des ambulances. Chacun, conformément à une habitude détestable ici, attend la conférence de presse où on leur donnera la parole officielle. Mais je suis prête à parier qu’aucun journal n’osera écrire que cette semaine a été un superbe fiasco et un immense gâchis.

PAUVRES BÊTES

Dans le pré d’Hugolin, il y a quatre génisses salers. Quand elles ont fini de tondre les quelques racines qui restaient au sol, mon voisin a fini par leur donner du foin. Pauvres bêtes, elles n’ont pas d’autre choix que de secouer ce foin noir, d’où s’échappent de lourdes volutes de poussière au moindre mouvement. Un foin "spécial sécheresse", acheté à prix d’or au fond d’une grange où il a moisi pendant des années. Hugolin n’y est pour rien, ou pour pas grand chose. Il n’a pas dû trouver la fameuse paille livrée par des convois de camions, et qui n’est pas pour tout le monde. Pour cette fois, ils n’ont pas tort, ceux de la Conf’ : on aimerait bien savoir qui attribue les aliments, la paille et les aides qui permettent de les acquérir. Et sur quels vrais critères.

L’image de la semaine

Faire son miel

La Planèze, entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, est grillée, crépitante, déssechée. Sur le bord d’une petite route, seuls les chardons survivent. Et font le bonheur des abeilles si lourdement chargées de pollent qu’elles en sont littéralement recouvertes, une légère farine jaunâtre masquant les dessins sur l’abdomen de l’insecte... La sécheresse, on s’en doutait, ne peut pas interrompre la vie de la nature ; elle la perturbe, tout au plus. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Voici un lien qui ravira les accros du folklore. Cette semaine, à Murat, se déroule le festival des danses et musiques du monde. En Auvergne, la tradition est une valeur partagée par tous ; et elle s’exprime en premier lieu par la danse en costume, au son des instruments dont la pratique se transmet de génération en génération. Sur cette terre si fortement attachée à son patrimoine, rien d’étonnant à trouver une multitude de festivals liés au folklore, emboîtant le pas au tout premier d’entre eux, celui de Gramat. Mais celui de Murat a une grande qualité : il se déroule dans le Cantal !

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Image extraite de l'article "Balade à Verdun-sur-Garonne"