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Deux CD en coffret CD1 : 20 plages ; durée totale : 66:45 |
Je possède très peu de « vrais » disques de jazz. C’est un genre que je redoute et que j’aime... tout à la fois. Ce qui m’agace - parce que cela m’impressionne bigrement - chez les musiciens de jazz, c’est leur don pour l’improvisation. Leur aptitude à faire de la musique comme je fais une mayonnaise. L’air de rien. Regardez les mains d’un pianiste de jazz : il a les doigts à l’envers, il croise les jambes sur son tabouret, il joue en ayant l’air de penser à autre chose... alors que chez un pianiste « normal », tout est fait pour qu’on se rende bien compte que son concert est l’aboutissement d’une longue douleur.
Comment ça, j’exagère ? Oh ! À peine. Pour en revenir au jazz, donc, ma discothèque est maigre. Raison de plus pour qu’y figurent les « indispensables », ce qui explique la présence de cette « compilation » des standards de Duke Ellington, avec son orchestre en grande tenue... et en grande forme. Ce disque est une fête ; pourrait-il en être autrement ?
Salut consoeur (et pas seulement en musique)
Ne vous fiez pas trop à leur attitude apparemment décontractée : il y a, chez les musiciens de jazz (tout comme leurs « collègues » classiques) énormément de sang, de sueur et de larmes avant qu’il n’arrivent à produire ce que vous entendez. J’en sais quelque chose, moi qui massacre allègrement le blues en si b au piano. Si je ne suis jamais arrivé à improviser quelque chose de convenable, c’est surtout faute de travail. Par ailleurs, ne croyez pas que ce que vous entendez sur CD (ou sur vinyle) soit le fruit d’une brusque illumination. Je n’en veux pour preuve que le fait que plusieurs prises à quelque années d’intervalle se ressemblent comme des petites soeurs, même lors des impros. Lorsqu’il tiennent un bon chorus, ils le répètent à l’infini (enfin souvent, et même les meilleurs ). Enfin, ne soyez pas trop émerveillée par l’abondance de notes que certains des jazzmen arrivent à produire. Comme disait Miles Davis qui était tout le contraire d’un virtuose, « pourquoi jouer tant de notes, lorsqu’il suffit de jouer les plus belles ? » Et il avait raison, le bougre...
Oh, à propos : Je viens de découvrir votre blog que je parcours avec intérêt (je l’ai mis dans ma barre des favoris, non, non, ne me remerciez pas..) Z’avez pas fini de m’entendre grogner, pontifier, voire m’ébaubir à propos de vos élucubrations.
Bienvenue Azamaël, et toutes mes confuses pour avoir mis tant de temps pour vous répondre...
Je ne vous remercierai donc pas pour avoir mis mon jardin dans vos favoris, puisque tel est votre souhait ; mais merci quand même... ![]()
Quant à la musique, l’impro, le talent, tout ça, je suis globalement d’accord avec vous, évidemment. D’ailleurs, si vous avez parcouru mes « élucubrations », il ne vous aura pas échappé que je ne suis nullement impressionnée par la virtuosité de façade (ce n’est que de la technique), et que j’ai pleinement conscience du travail intense que doit fournir le musicien pour exercer son art.
S’il est une chose en revanche qui m’impressionne, et c’est justement ce que je voulais dire dans mon très court texte sur Duke Ellington, c’est la maîtrise parfaite des musiciens, qui leur permet de jouer avec une apparente facilité : c’est là je crois une particularité que partagent de nombreux jazzmen, quoi que de jeunes musiciens « classiques » se montrent —pour le bonheur du public qui apprécie— détendus et souriants, voire provocants... et on en redemande : la musique, bon sang, c’est du travail, d’accord, mais c’est surtout un plaisir pour les auditeurs !
Le blues en sib, moi, j’essaie même pas !
Le résultat d’heures de travail et de souffrance d’un musicien, c’est lorsqu’il donne l’impression que c’est si facile...
Pomme_femme_de_pianiste
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