Vous êtes ici : Accueil du site > Photos > Animaux > Comme un mirage
Aux utilisateurs d'Internet Explorer 6,
Votre navigateur ne vous permet pas de bénéficier pleinement des fonctionnalités proposées par ce site. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à télécharger gratuitement la dernière version d'Internet Explorer, ou mieux, Mozilla Firefox.
Tu as émerveillé mes vacances d’enfant. Je ne savais pas alors quelle chance j’avais de pouvoir t’admirer. La sécheresse sévissait sur la Sologne, où la chaleur d’un été torride t’avait encouragé à t’aventurer.
Je n’osais pas espérer que tu étais un oiseau, je ne pouvais pas croire que tu étais un papillon : tu étais si rapide ! Insaisissable, furtif, tu bondissais de fleur en fleur, et en me frôlant parfois tu m’effrayais par le bourdonnement ténu de tes ailes invisibles. Je n’en devinais que l’éclat ensoleillé, alors que tu te régalais de nectar avant de t’éclipser, comme un miracle, pour réapparaître stationnant devant la corolle voisine.
Je te devinais plus que je te voyais, tu étais une apparition fugace qui s’évanouissait au moindre de mes mouvements.

Puis tu as disparu, je t’ai presque oublié. J’ai grandi, j’ai vécu. Jusqu’à cet été de canicule où je t’ai retrouvé, perdu dans une montagne qui ne sut probablement jamais qu’elle avait été visitée par un ange. Ce jour-là, je redevins une enfant, je te suivis aussi loin que je le pus, tenaillée par la peur de te perdre à nouveau. Tu dégustais le pollen avare de fleurs écloses pour avoir froid. Je redécouvris le plumage de ton corps, le doux murmure de tes ailes. Et je te perdis, encore.

Aujourd’hui, je vis chez toi. Tu peuples mes longs étés, zébrant mon horizon de ton vol fulgurant, bondissant d’arbuste en massif, visitant avec minutie le moindre buisson fleuri. Tu as perdu un peu de ton mystère, je sais désormais que l’on t’appelle Macroglossum stellatarum, mais que les hommes que tu tiens sous ton charme préfèrent te nommer Sphinx colibri. Tes cousins sont des papillons de nuit, et toi tu as préféré la langueur des chaudes après-midi pour séduire, comme un mirage, les enfants qui, toujours, espèrent que tu es un oiseau magique.

C’est donc un papillon de nuit qui est devenu papillon de jour, mais à gardé sa forme nocturne.
Je crois en avoir vu aussi. Mais assez peu. Ce n’est pas un papillon très courant.
UMA
Cliquez sur cette image pour accéder à l'article dans lequel elle est publiée.