Le jardin de DB

Vous êtes ici : Accueil du site > Textes > Le p’tit journal du Cantal > Collector

Menu de navigation

Masquer la bannière
Afficher la bannière
 
 

Aux utilisateurs d'Internet Explorer 6,
Votre navigateur ne vous permet pas de bénéficier pleinement des fonctionnalités proposées par ce site. Si vous en avez la possibilité, je vous invite à télécharger gratuitement la dernière version d'Internet Explorer, ou mieux, Mozilla Firefox.

Publié le dimanche 10 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Collector

Les timbres, les boîtes de camembert, les pin’s, les mecs, les capsules de bière... Je n’ai jamais collectionné tout ça. J’ai pas la fibre. Mais là, cette petite passion pourrait bien me gagner. Ou me perdre, allez savoir.

J’avais fermement décidé d’arrêter de fumer. J’ai déjà essayé, une fois, c’était en 2000, j’avais suivi un plan de cinq jours. Grande buveuse de café, à l’époque, j’avais suivi les instructions à la lettre et j’avais arrêté net la consommation de ce breuvage que j’avalais au rythme d’un litre par jour. Résultat : j’ai été tellement malade en raison de ce sevrage que je ne bois plus que du déca. Pour la cigarette, ça a un peu moins marché, et je tourne toujours avec mes deux paquets de Gauloises par jour. Mais, sincèrement, ça me trotte sans arrêt dans la tête, ça ne me lâche jamais : il faut que j’arrête, et dès que possible je vais m’atteler à ce problème. Dès que j’aurai trouvé un nouveau boulot.

Mais là, maintenant, ça tombe mal. Je commence une collection, la première de ma vie, c’est une petite manie que je n’ai pas eue dans mon enfance, et cette lacune, soudain, me semble devoir être comblée. Pour connaître la joie du collectionneur arborant sa pièce rare, celle qu’il a eu le plus de mal à trouver, celle qui lui a coûté le plus d’efforts... Donc dès demain je commence. Je veux collectionner les paquets de Gauloises.

Parce que, désormais, ils sont tous différents. Depuis quelques semaines, le paquet de cigarettes est doté de particularités qui le distinguent de tous les autres. Chaque paquet, sur chacune de ses faces, porte une inscription en très gros caractères noirs, avertissant le fumeur des dangers qu’il court en s’adonnant à son vice. Le problème, c’est qu’il y a plein d’inscriptions différentes. Donc, pour toutes les lire, il faut cloper comme un malade. Le petit fumeur moyen à 10 cigarettes par jour aura un mal fou à découvrir la teneur de toutes les maximes inscrites sur les étuis. C’est dommage, il risque d’être mal informé.

Le pire, c’est que les inscriptions (deux par paquet, donc) ne marchent pas par paires. Je m’explique. Sur mon paquet en cours, d’un côté, on a "Les fumeurs meurent prématurément", et de l’autre "Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage". Bon. Mais si ça se trouve, sur un autre paquet, j’aurai "Les fumeurs meurent..." avec "Fumer tue". Ainsi, non seulement il faut parvenir à posséder chaque sentence, mais en plus il faut trouver chaque combinaison. Un truc de ouf, qui reporte à très loin mes achats de patchs.

Alors quand le ministère de la Santé déclare qu’il a fait apposer ces phrases sur les paquets de clopes pour inciter les gens à arrêter de fumer, moi je me marre. Parce que si tel était le cas, ils auraient mis une seule phrase, toujours la même, jusqu’à ce qu’on en soit écœurés. Mais tiens, tu parles, il veut pas, le ministre, qu’on arrête : avec toutes les taxes qu’on paie, on finance très largement la Sécu, sans réussir cependant à combler son insondable et chronique trou. Alors si les fumeurs disparaissent, elle va se trouver mal, la Sécu. Très mal. Malin, le ministre, il manipule notre côté joueur. Et j’avoue qu’il a bien calculé son coup.

Bientôt, les salariés licenciés des usines à cigares seront reconvertis dans des entreprises où on fabriquera des vitrines spéciales pour arborer sa collection. Avec de petites étagères individuelles qui tournent pour montrer les deux côtés. Ça va créer de l’emploi, le tabac va devenir un produit de grande consommation encore plus lucratif qu’aujourd’hui. C’est dire. Et puis des sites Internet vont naître, pour permettre aux collectionneurs d’échanger les paquets qu’ils ont en double, et de trouver ceux qui leur manquent. Si on n’y prend pas garde, un marché noir risque d’apparaître, avec les dérives que cela implique, ainsi que l’insécurité que cela va engendrer. Des gens vont se faire tuer pour un "Pensez à vos enfants". Il a pas réfléchi à tout, le ministre. Quand même, quand on occupe un tel poste, il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez, et prévoir les conséquences de décisions prises à la légère.

Et j’espère que l’encre utilisée ne contient pas de plomb.

En bref

NUIT DES ÉTOILES

On va parler d’une année normale. Donc, normalement, dans le Cantal, le ciel est toujours encombré par de lourds nuages déversant des pluies incessantes. Mais la nuit, le ciel se dégage, et on peut alors y admirer des millions d’étoiles. Ici, le ciel est d’une pureté exceptionnelle, et fait le bonheur des passionnés d’astronomie. Pour ma part, j’aime bien, à la fraîche, me délecter du spectacle de la voie lactée. Et j’aurais bien voulu voir Mars, qui n’a jamais été aussi près de nous. J’ai même prévu de prendre des photos, ou du moins d’essayer. Ben ce sera pour une autre fois. Parce qu’on n’est pas dans une année normale, et en ces temps de sécheresse, la nuit dernière, comme celle d’avant, a été exceptionnellement nuageuse.

VACHE EN BALADE

De temps en temps, devant les abattoirs d’Aurillac, une vache échappe à l’attention de ses bourreaux et s’échappe. C’est ce qui est arrivé la semaine dernière, avec une belle aubrac qui, dès sa descente du camion, a pris la poudre d’escampette et est partie se balader. Vers deux heures du matin, les gendarmes l’ont trouvée près de l’école d’équitation et, ne sachant que faire de l’animal, l’ont fait rentrer dans un pré du centre équestre. Ils ignoraient que des stagiaires campaient là, terrorisés par le bruit et les lampes torches des représentants de la maréchaussée. Au matin, la vache était toujours là, et un camion de l’abattoir devait venir la chercher. Mais les stagiaires s’étaient pris d’amitié pour le doux bovin, et ont cherché à cacher leur nouvelle copine pour lui éviter un sort funeste. Hélas, ils n’ont pas eu le temps de mener à bien leur projet...

L’image de la semaine

Faire son miel

La Planèze, entre Saint-Flour et le Plomb du Cantal, est grillée, crépitante, déssechée. Sur le bord d’une petite route, seuls les chardons survivent. Et font le bonheur des abeilles si lourdement chargées de pollent qu’elles en sont littéralement recouvertes, une légère farine jaunâtre masquant les dessins sur l’abdomen de l’insecte... La sécheresse, on s’en doutait, ne peut pas interrompre la vie de la nature ; elle la perturbe, tout au plus. (Photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Voici un lien qui ravira les accros du folklore. Cette semaine, à Murat, se déroule le festival des danses et musiques du monde. En Auvergne, la tradition est une valeur partagée par tous ; et elle s’exprime en premier lieu par la danse en costume, au son des instruments dont la pratique se transmet de génération en génération. Sur cette terre si fortement attachée à son patrimoine, rien d’étonnant à trouver une multitude de festivals liés au folklore, emboîtant le pas au tout premier d’entre eux, celui de Gramat. Mais celui de Murat a une grande qualité : il se déroule dans le Cantal !

Vous pouvez lire aussi :

Ma vie là

Logo de l'article "Ma vie là"

Recommander : 
 

À vous d'écrire

 

Au hasard

Des articles...
Une photo...

Cliquez sur cette image pour accéder à l'article dans lequel elle est publiée.

Image extraite de l'article "Ce que vous avez raté en juillet"