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Publié le mercredi 1er décembre 1999 dans la rubrique :

Musique

Festival Massenet

Chaud et froid

Le festival, concentré d’émotions

Les festivals offrent au public, l’espace de quelques jours, l’opportunité de découvrir un grand nombre d’artistes et de spectacles. C’est vrai pour la musique, mais aussi pour le théâtre, le cinéma... Rendre compte de ces manifestations d’une extrême richesse oblige le journaliste à choisir, et donc à sacrifier. Il lui faut également assurer un fil conducteur à sa synthèse. Pas toujours facile ; se replier sur la météo peut être, parfois, une pirouette un peu bizarre, certes, mais qui en vaut bien une autre.

Ouvert avec "Le Roi de Lahore", clos avec les ballets du "Carillon" et du "Cid" (nous en parlerons dans notre prochain numéro), le festival Massenet s’est promené dans toute la ville. Avec pneus neige et gros duvets.

“C’était super.” Bon. Quand on demande comment s’est passé un concert auquel on n’a pas assisté, toujours la même réponse. Sans réelle surprise, mais quand même. On regrette d’avoir raté quelque chose. Et quand on choisit un spectacle pour voir si vraiment c’est super, ça l’est. À quelques détails près.

Chaud à Copeau

Au théâtre Copeau, duo piano et clarinette, avec Cyril Goujon et Hervé Cligniez, fidèles à eux-mêmes. Au programme, des œuvres de Debussy, Saint-Saëns, Chausson et Widor : pièces méconnues, en dépit de leur charme, et interprétées avec la plus belle conviction. La "Sonate opus 167" de Camille Saint-Saëns a rappelé, s’il le fallait, que le contemporain de Massenet savait écrire des pièces autrement plus “sérieuses” que ce petit bijou qu’est le "Carnaval des animaux". Le mouvement Lento, grave et sombre, extrêmement expressif, est à entendre, absolument. Mais c’est la "Première Rhapsodie" de Debussy qui semble avoir le plus séduit le public, qui a salué l’œuvre d’applaudissements particulièrement nourris. Voici pour les découvertes de ce concert.

Avec Ganne, Pierné, Véronge De la Nux et Delcroix, le duo a repris les titres de son premier CD, gravé il y a trois ans : "Le Chant du pâtre". Des pièces gaies, dansantes, qui avaient alors valu aux deux musiciens la réputation imméritée de jouer “de jolies choses, mais sans grand intérêt musicologique”. Le public de Copeau a néanmoins apprécié d’écouter ces notes fraîches... même si elles datent un peu pour ceux qui ont le disque. Au rappel, un petit cadeau tout-à-fait dans l’air du temps : le Finale de la "Sonate pour clarinette et piano" de Paul Ladmirault (sur le même CD), composée sur un thème breton. Un morceau qui aurait plu aux fans de Manau, qui n’a rien inventé.

Oui, “c’était super”. A un détail près : les cravates des musiciens. Là, c’était génial.

Froid à la Grand’église

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Yves Charpentier (flûte), Anne Chamussy (hautbois), Jean-Christophe Murer (clarinette), Didier Velty (cor) et Christophe Teissier (basson) : le Concert impromptu aborde tous les répertoires avec le même bonheur, mais affiche sa prédilection pour les compositeurs du XXe siècle (photo © Le Concert impromptu).

Quelques jours plus tard, rendez-vous à la Grand’église, pour écouter le Concert impromptu, un quintet à vents fondé, tiens, tiens, par Hervé Cligniez. Au programme, des compositeurs connus des seuls érudits : Reicha, Deslandes, Lefèbvre et Taffanel. Un concert riche en découvertes, avec de belles œuvres. La surprise, particulièrement agréable, est venue du "Quintette en sol mineur", superbe composition qui porte l’auditeur sur la crête d’une tension dramatique toujours croissante, s’achevant sur un Vivace d’une grande virtuosité.

Une autre surprise attendait le public : au rappel, l’ensemble lui a offert une transcription du mouvement lent du "Quatuor américain" de Dvorak. Un long ressac mélancolique, superbe de poésie, si beau qu’il faillit faire oublier la grande émotion de toute cette soirée : le froid.

Il est là, le détail qui a fait que “c’était super, sauf que...”. Un froid glacial qui obligea l’assistance à conserver manteaux et anoraks. Et à jouer sa propre musique de nylon froissé et de mains frottées. Dans une Grand’église dont l’acoustique n’est pas “super” (qui a compris les copieuses explications du bassonniste ?), se concentrer sur la musique, celle des instruments, demandait parfois un gros effort...

La leçon de ce concert polaire semble avoir été retenue, puisqu’il paraît que le vendredi suivant, pour le concert de Jean-Luc Perrot et Marie Basson, la température était des plus agréables... alors que la neige s’abattait sur Saint-Étienne, décourageant le public qui bouda ce programme. À moins qu’il ait soigné la bronchite qu’il avait immanquablement contractée la semaine précédente.

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Le Concert impromptu
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