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Publié le mercredi 8 mars 2000 dans la rubrique :

Mon press-book

C’est la dernière fois que je le dis

Dernier numéro de Culture Loire. Le canard était devenu la mascotte de ce magazine, que tout le monde appelait "le petit canard". Le titre a disparu faute d’annonceurs. Nous avions beau entretenir une bonne humeur de façade jusqu’au dernier jour, nous étions très amers envers tous ceux qui nous sollicitaient sans relâche mais nous tournaient le dos quand nous parlions pub...

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Clof, le dessinateur de La Tribune - Le Progrès, nous a offert ce dessin pour illustrer le dernier édito de Culture Loire. Il a refusé de dessiner un canard qui se noie : "Tout n’est pas encore foutu", disait-il. On a eu de véritables grands amis.

Allons-y. Après tout, ce n’est qu’un sale moment à passer. Voilà : le petit canard est mort. C’est tout.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Que ce numéro de Culture Loire est le dernier. Tout le monde (ou presque) me dit : "Qu’est-ce qu’il est bien, ton canard ! C’est bien écrit, on apprend des trucs. Bon d’accord, ton logo est nul, mais on est contents d’avoir Culture Loire". Tout le monde, c’est vous, lecteurs, qui vous abonnez (pas de panique, vous serez remboursés). Et mine de rien, vous êtes de plus en plus nombreux. Tout le monde, ce sont les artistes. Souvent, ils sont lecteurs aussi. Tout le monde, enfin, ce sont les structures culturelles. De toutes les tailles, de tous les statuts. Elles nous apprécient tellement qu’elles nous envoient leurs programmes, pour qu’on vienne faire un tour chez elles et qu’on annonce leurs prochains spectacles. Chaque jour, la boîte aux lettres déborde, le fax sonne (Il parle aussi, parfois. Comment on fait pour le faire taire ?).

Bref, Culture Loire, c’est un petit canard qui plaît, auquel on reproche même de n’être "pas assez insolent". Naturellement, quand il donne un coup de bec, ça coince un peu. Mais bon, tous ceux qui ne se sont pas encore fait pincer par le volatile apprécient sa "liberté de ton". C’est sûr, Culture Loire est une belle réussite.

Sauf que. Souvenez vous, l’édito du n°2 : à tous ceux qui s’inquiétaient de savoir c’est kiki finance, j’avais répondu : "Pour l’instant, c’est moi, avec mes sous. Après, ce sera la pub." Celle qu’on n’a pas eue jusqu’à présent. Ça fait long, dix parutions, presque cinq mois, à payer de ma poche pour publier les infos qu’on me prie de bien vouloir insérer. C’est le temps qu’il faut aux non-annonceurs "pour voir ce que ça devient et réfléchir après".

Il y a eu les premiers à se jeter à l’eau. C’était courageux, c’était gentil, pour nous donner un coup de main. Même s’il leur a fallu jongler avec les budgets. Moi, je leur dis chapeau. Et merci. Il y en a parmi eux qui ne sont même pas des cultureux. Juste des sympathisants. Et c’est curieux, mais plus ils sont petits, moins ils ont d’argent, et plus ils se démènent pour nous trouver de quoi nous donner un petit coup de pouce.

On nous a promis, c’est sûr, des pubs pour mai, juin... et même juillet. Peut-être que ces promesses-là, enfin, auraient été tenues. C’en aurait peut-être été fini des discours d’intention que rien ne suit. Des "Il serait de bon ton que vous m’envoyiez vos journalistes mais qu’est-ce que c’est dommage j’ai pas de budget".

Mes journalistes sont payés. Mon imprimeur aussi. Mais c’est dommage, j’ai plus de budget. Il fallait attendre pour voir, attendre que cet outil journalistique, reconnu pour sa qualité et sa rigueur, à la disposition la culture, montre qu’il pouvait vivre en avalant de l’air. Il ne peut pas. Les supports de communication, sans contenu rédactionnel, en sont incapables. Aurait-on cru qu’une équipe de journalistes saurait écrire en apnée ? Rien qu’en ayant des places de spectacle gratuites, les veinards, ils ne paient pas pour travailler.

Un outil, ça s’entretient. Laissez des pinces sous la pluie, elles rouillent. Logique. Tant pis, c’était un joli petit canard.

Post-scriptum

En fait, ce texte était signé du nom du directeur de publication, Jean-Pierre Tribuiani, même si j’en étais l’auteur. C’était le cas pour chaque édito concernant le fonctionnement, et notamment le financement, du magazine.

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