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Publié le lundi 11 août 2003 dans la rubrique :

Le p’tit journal du Cantal

Avec éclat

Des manifs, à Aurillac, on a l’habitude d’en voir. Les plus récentes ont été celles des profs, les plus fréquentes celles des agriculteurs. Je vous annonce les prochaines en avant-première.

Éclat, c’est le nom de l’association qui organise, chaque année, le festival international de théâtre de rue d’Aurillac. Le premier en France, tant par l’ancienneté que par la fréquentation. On notera tout de suite que, pour faire tourner cette énorme machine, on a donc une association. Avec bénévoles et emplois-jeunes. Comme, d’ailleurs, à la Chaise-Dieu, autre immense festival auvergnat, mais dans un autre registre.

La date d’ouverture du festival arrive à toute vitesse, le projet de réforme d’assurance chômage des intermittents poursuit son chemin, imperturbable, et il risque de faire très, très chaud à Aurillac.

Ici, autour des géants comme Royal de Luxe (qui a démarré dans le Cantal), il y a des centaines de troupes et d’artistes, de la compagnie professionnelle dotée de gros moyens aux petits saltimbanques. 1 500 intermittents, annonce Eclat. On ne sait pas encore comment, mais une chose est sûre, ils vont agir. Quelques-uns étaient, hier, sur le plateau du Larzac, et ils vont probablement faire une halte à Aurillac avant de reprendre le combat chez eux. Ou de couler.

Tous ces intermittents disposent d’une énorme scène à Aurillac pour faire entendre leurs revendications, même s’il semble bien qu’il est trop tard. Et paradoxalement, ils vont trouver sur place un auditoire inamical. Car si la plupart des programmateurs seront là pour faire leurs courses, hors le microcosme festivalier, j’ai bien peur que les artistes ne crient dans le vide.

Face à eux, ils auront la France rurale. Déjà que, tous les ans, les commerçants ferment leurs magasins pendant le festival pour ne pas se trouver face aux "voyous", les slogans et manifestations des intermittents risquent de faire désordre et de soulever une sacrée polémique. J’ai eu un aperçu avec les fonctionnaires, à l’égard desquels l’inimitié générale n’était pas le moins du monde dissimulée. Et les fonctionnaires, qu’ils soient profs ou flics, on en a quand même un peu besoin. Tandis que les artistes... Unanimement qualifiés de "feignants" par la population cantalienne, je n’ose pas imaginer l’écho qui leur sera donné dans la presse locale. Ici où les paysans ont à faire face à des problèmes autrement plus "importants".

La culture, sur cette terre rude, n’est pas la bienvenue. D’ailleurs, je cherche toujours à comprendre comment le festival a pu prendre autant d’ampleur. Hormis les quatre jours de cette manifestation, on peut toujours s’accrocher pour assister à un spectacle ou à un concert. Hors la promotion des traditions auvergnates, s’entend. Le théâtre d’Aurillac, qui a brûlé il y a de cela cinq ans, n’est toujours pas reconstruit, et ce n’est pas le mouchoir de poche qui s’érige à sa place actuellement qui pourra donner un essor à la vie culturelle de la ville et du département.

Malgré cela, sans que je puisse expliquer pourquoi, j’ai le sentiment que le festival va être quelque chose de très particulier, cette année. Je pense que les artistes n’ont plus grand chose à perdre, et qu’ils vont "mettre le paquet". Je suis assez impatiente de voir quels soutiens ils recevront, et de la part de qui. Sur ce sol volcanique, tout peut arriver. Et j’avoue que je serais assez contente - je serais folle de joie - si le festival aurillacois, du fin fond de la France profonde d’en bas, arrivait enfin à faire plier l’échine à celle d’en haut. Ça doit être mon côté révolutionnaire.

Il n’y a plus qu’à attendre, pour voir si, de Saint-Géraud aux Pupilles, des Carmes à Baradel, Aurillac saura se faire entendre. Avec éclat.

En bref

MOYEN

Ça commence à se dire : le bilan de la saison touristique dans le Cantal risque d’être plutôt moyen. Comme chaque année, quoi. D’habitude, les gens en ont marre de se geler sous leurs toiles de tentes et de randonner sous la pluie. Cette année, ce serait la canicule qui aurait poussé le vacancier à rester à l’ombre. Résultat : le Cantal, qui s’obstine à clamer à qui veut l’entendre qu’il est le paradis du touriste, se prend encore une claque, en dépit de la semaine cyclo (enfin terminée, ouf). Et les responsables continuent à ne pas comprendre pourquoi. C’est vrai que l’absence totale d’offre culturelle, la "rusticité" authentique des gens du cru, les petits commerces qui ferment justement en été (et ceux qui restent ouverts, mais du lundi au vendredi), c’est vrai que tout ça c’est fait pour attirer les touristes.

COURAGE !

Du courage, il en faut, pour venir nous voir. Surtout quand on vient de l’autoroute A75, quise trouve à une heure d’Aurillac. Quand tout va bien. C’est à dire quand il n’y a pas de travaux sur la nationale, seule route possible. Au tunnel du Lioran, aux Pas-de-Compaing, à Vic, à la sortie de Massiac, et tout ça en même temps. Des travaux qui durent depuis maintenant des mois, et ce n’est pas fini. Lorsqu’ils seront terminés, on mettra peut-être trois quarts d’heure pour aller de la capitale mondiale du parapluie à l’autoroute. Si on ne tombe pas derrière les tracteurs, les bétaillères et les voiturettes. C’est sûr, ces énormes travaux interminables vont amener dans le département un immense progrès. C’est peut-être pour ça qu’on n’aura plus besoin du train de nuit.

L’image de la semaine

Le chêne est mort

Juste derrière chez moi, en haut du pré d’Hugolin, le chêne est mort. Son feuillage a pris la teinte de l’herbe roussie. Pourtant, près de lui, ses congénères tiennent encore le coup. Tous ensemble, ils se font de l’ombre. Lui, juste un peu plus loin, a voulu faire l’original. Il n’était pas bien vieux, pas bien haut, et il était seul. (photo Dominique Bardel)

Le lien de la semaine

Pour notre dernière semaine ensemble, je n’allais quand même pas vous priver du lien qui vous permettra de suivre l’actualité aurillacoise, la vraie, la seule qui mérite d’être connue. On ne se refait pas, et dans ce pays exclusivement agricole et traditionnel, je vous livre, en cadeau d’adieu, un lien... culturel. Venez voir ce qui se passe au festival de théâtre de rue d’Aurillac.

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Image extraite de l'article "Arthur a les pieds violets"